Arles. 28 mars (matin). Diego Ventura survole la matinale.

Capture d’écran 2016-03-30 à 07.29.06Diego Ventura survole la matinale en signant deux grandes faenas du plus haut niveau de pureté et d’engagement.

Triomphe incontestable et sortie à hombros du cavalier de la Puebla. Le travail servi à Dudanada , le 5° toro de la course, aura la plus heureuse des conclusions et sera récompensé de deux oreilles. Difficile de faire mieux…

unnamedDiego Ventura recevra ses deux opposants avec Lumbrusco, impressionnant tant par ses recortes que par son aguante et son temple, aspirant littéralement le bicho à l’instant de clouer les châtiments, avec précision , à l’étrier, comme tous les attributs d’ailleurs. Roneo entra en piste pour tromper Dudanada avec des contre-changements de main très osés, le bai se jouant des cornes en déplaçant sa croupe à l’intérieur ou à l’extérieur. Ce fut au tour de Ritz de s’amuser de ce 5° Bohorquez. Le beau palomino s’engageant si fort sur la corne contraire pour mettre le bicho dans le vent, qu’il fit hurler les gradins à plusieurs reprises, tant ses écarts furent impressionnants, déjouant ainsi les lois de l’équilibre. Remate, se fondit sur le sable pour trois courtes puis deux roses al violin, brindées à Angel Peralta. Un rejon foudroyant emporta le cornu.

Lors de son premier combat, opposé à Renaguera, l’entame de banderilles se fit avec Nazari. Ce dernier nous servit un festival de déplacements latéraux millimétrés. Il accrocha à son flanc Renaguera et le déplaça à sa guise dans le ruedo. Milagro fit trembler l’hémicycle avec des quiebros époustouflants et périlleux jusqu’à glisser devant le bicho et se retrouver à terre avec son cavalier à la merci des cornes. Un grand moment d’émotion, heureusement sans conséquences. Diego se remit en selle et reprit la maîtrise du combat pour en terminer avec Remate pour trois courtes précédées d’un beau piaffer et de deux jolies courbettes. Malgré une lame entière, le toro tarda quelque peu à mourir, le privant des trophées que la faena méritait.

unnamed-2Andy Cartagena fut plus soucieux du spectacle que du toréo. Il châtia peut-être un peu lourdement ses deux adversaires, surtout son second qui eut du mal à terminer la course, se couchant de lui même à la fin du combat. Son premier opposant, noble et suave, ne révéla sa caste qu’après le premier castigo. Le chef de lidia se fit sérieusement bousculer à plusieurs reprises en banderillant son premier bicho alors qu’il tentait des déplacements latéraux avec un lusitanien du fer de Braga. Les soins portés à l’afeitado préservèrent les flancs du cheval.

Plus précis à son second pour poser les castigos et de très bons recortes, il fit une faena de banderilles ne manquant pas d’attrait, précédée ou suivie de numéros spectaculaires tel un bai qui mord le toro ou un noir qui traverse le ruedo à la verticale en marchant sur les postérieurs. Il conclut par deux fois avec le fameux Pantera, un appaloosa auteur de courtes al violin et de rejons de mort peu concluants.

unnamed-1Léa Vicens coupa une oreille au dernier toro de la course. Sobre et élégante, elle fut quelque peu imprécise lors du premier tiers de son premier toro.

Bien que plus compliqué à fixer, le 6° fut maitrisé grâce aux bons recortes de Guitarra. Je retiendrais, comme étant ses meilleures banderilles les poses effectuées avec Bazuka. Pas insensible non plus aux poses avec Desafio, auteur également de jolies levades face et dos au toro. N’oublions pas Jazmin, à la robe d’ébène, qui nous gratifia de quelques battues de galop sur place avant la pose des courtes.

  • Andy Cartagena : silence et silence.
  • Diego Ventura : salut et deux oreilles.
  • Léa Vicens : salut et oreille.

Les toros de Bohorquez , bien présentés, plus ou moins commodes de tête, donnèrent dans l’ensemble un jeu intéressant et montrèrent une grande noblesse.

Reseña : Freddy Porte. Photos : Martine Clément

Photo du haut et diaporama : Muriel Haaz