Arnedo. 19 Mars. Nouveau triomphe de Talavante.

Capture d’écran 2016-03-20 à 10.46.27Arnedo (La Rioja), samedi 19 mars. Arènes couvertes quasi combles, température plutôt fraîche.

Six toros des Domingo Hernandez (annoncés, « Garcigrande-Domingo Hernandez), bien présentés, avec des cornes faciles ou « rendues faciles », toujours avec un comportement de brave sous le cheval. Tous une pique sauf le dernier, deux châtiments par accident. A la muleta très toréables.

  • Diego Urdiales (bleu roi et or), au premier, un pinchazo, une entière, salut et quasi-ovation ; au troisième, deux pinchazos, une entière, quelques applaudissements ; au cinquième, une demi-lame, six descabellos, salut et ovation de despedida et d’amour du torero de la tierra.
  • Alejandro Talavante (rose vieil antiquaire et or), au deuxième, une entière, salut ; au quatrième, un pinchazo, une entière, une oreille ; au dernier, une entière, deux oreilles. Sortie en triomphe.

Ruben Sanz (vert pâle et or), sobresaliente, ne fut pas autorisé à dessiner la moindre passe.

Capture d’écran 2016-03-20 à 10.46.48Alejandro Talavante quitte les arènes d’Arnedo en triomphe. Certes, il n’y a rien à contester. A chaque sortie, et surtout aux deux dernières, il a été parfait, démontrant que la main gauche est celle de la tauromachie. Mais derrière, il y a les regrets, peut-être même les pleurs de Diego Urdiales qui n’a pas pu apporter à ses concitoyens la réussite du grand torero qu’il est devenu au cours des deux dernières années. Mais en ce samedi, contraitement au 5 mars dernier à Olivenza, Diego n’a pas trouvé le bon accord avec ses toros. Il lui a toujours manqué le sitio parfait et efficace. Jamais il n’a pu lier deux passes dans un terrain identique. Diego Urdiales n’a été que l’ombre de sa forte personnalité, trop souvent superficiel, sans jamais atteindre la profondeur nécessaire à toute bonne faena.

Capture d’écran 2016-03-20 à 10.47.04Mais derrière, il y avait un certain Alejandro Talavante qui voulait dire à tous qu’il était un grand torero. Pour cela il a utilisé deux registres. La sobriété, l’excellence et une certaine façon de raconter la tauromachie. Lors de sa première sortie il nous a fait penser, agitant sa muleta, à une vieille marquise bougeant sa voilette pour séduire un jeune garçon. De la lenteur, du rythme et toujours beaucoup de douceur.

Que ce soit à la cape ou la muleta, Talavante s’est toujours imposé comme celui toréant avec le plus de douceur et d’harmonie. Samedi 19 mars, Arnedo accueillait un immense torero, ancien vainqueur du « Zapato », trophée de la ville aux meilleurs espoirs. Talavante a joué le jeu et a gagné, terminant avec une nouvelle sortie en triomphe par la grande porte.

Capture d’écran 2016-03-20 à 10.47.26Mais beaucoup auraient aimé trouver Diego Urdiales comme il fut il y a une quinzaine à Olivenza. Il faut préciser que cette course a été défavorisée par des mises à mort hésitantes et longues… Mais pour Diego Urdiales, porté jusqu’au bout par ses amis, ce 19 mars aura été celui de la déception.

Reportage : Jean-Michel Dussol.