Olivenza. 5 mars (tarde). Puerta Grande pour Talavante.

OLIV TRIOMPHESamedi après-midi, arènes combles, « no hay billetes », nuages, soleil et pluie, température polaire.

Une minute de silence a été observée à la mémoire du ganadero Bernardino Piriz. Six toros de Garcigrande, bien présentés et donnant beaucoup de jeu à la muleta. De 503 kilos à 530 kilos, tous une pique prise avec bravoure, le sixième renversant le cheval.

  • Diego Urdiales (moutarde et or), au premier, un pinchazo, une entière, une oreille ; au quatrième, deux pinchazos, une entière, un descabello, avis, salut.
  • Miguel Angel Perera (rouge et or), au deuxième, une entière, deux descabellos, avis, une oreille ; au cinquième, un mete y saca, une entière, un descabello, un avis, salut et ovation.
  • Alejandro Talavante (bleu marine et or), au troisième, une entière a recibir, deux oreilles ; au dernier, une entière, une oreille. Sortie en triomphe par la grande porte.

La competencia est énorme entre les trois toreros qui partageaient l’affiche d’Olivenza… Dans quelques jours Diego Urdiales et Talavante se retrouveront dans un mano a mano à Arnedo, Perera continuera sa navigation sur le succès taurin…

OLIV TALAVANTEMais samedi, à Olivenza c’est Alejandro Talavante qui a mis tout le monde d’accord et s’est offert le triomphe de la journée, probablement le premier de sa saison 2016. Avec son premier toro de Garcigrande, Talavante apparaît comme un véritable sorcier. Dès le début, il va multiplier les passes d’ornement et enchaîner dans un tout petit terrain. Il domine parfaitement son toro et lorsque celui-ci baisse en tonalité, devient bronco et ralentit sa charge, Talavante se place dans les cornes et accentue sa domination. Le garçon nous fait une grande peur lorsqu’il se fait prendre et jeter au sol par l’animal. Talavante revient vite pour un immense coup d’épée et s’offre les deux oreilles.

Ce n’est pas pour autant qu’il va baisser de rythme avec le second. Au contraire, il augmente la pression et se lance dans des séries de passes très lentes, avec chaque fois un muleta basse qui caresse le sable. Sur la main gauche il nous fait rêver. Samedi Talavante était au sommet de son art.

OLIV URDIALESDiego Urdiales avait beaucoup à prouver en étant invité à Olivenza. Une entrée officielle chez les plus grands de la tauromachie. Si la chance ne lui a pas facilité les choses, il a su exploiter toutes les qualités du premier Garcigrande. En quelques muletazos il devient le maître du combat. Mais sur la main gauche il fait chavirer l’arène dans une extraordinaire faena. Diego Urdiales est parvenu à une belle maîtrise artistique de sa technique. Il lui manquera un peu de réussite pour parvenir au sommet. Par contre le second Garcigrande lui joue un vilain tour en s’éteignant rapidement et en ne lui permettant de réaliser que peu de choses. Mais Diego peut quitter Olivenza la tête haute, il a démontré qu’il est un grand torero.

OLIV PERERAMiguel Angel Perera avait des volontés de triomphe avec des véroniques à genoux suivies de tafalleras. Puis prenant la muleta c’est une première série de statuaires pour donner toute sa dimension au toro. Il se lance alors sur la main gauche et nous fait rêver, par la plastique de sa gestuelle. Une mise à mort hésitante le prive d’une seconde oreille et son second toro ne lui offre pas la possibilité de gagner d’autres galons. Perera a été par moment énorme, mais trop peu souvent.

Reportage : Jean-Michel Dussol.