Pontonx. 28 février (tarde). Juan Molas vainqueur de « La Fragua ».

PONTONX ISSUE FINALEArènes couvertes, quelques centaines de spectateurs, cinq erales de Tierra d’Oc, agréables dans l’ensemble, sauf le dernier.

  • Juan Molas (rouge et or), au premier, une entière, une oreille ; au dernier, un pinchazo, une entière, cinq descabellos, silence.
  • Fernando Plaza (vert et or), au deuxième, trois-quarts de lame tendue, dix descabellos, un avis, silence.
  • Ignacio Olmos (rouge et or bordé de noir), au troisième, brindé à Juan Leal, deux pinchazos et une demi-lame, silence.
  • Alfonso Pablo Ortiz (rioja et or), au quatrième, un pinchazo et une entière, une oreille.

PONTONX JUAN MOLASComme la veille lors des éliminatoires, Juan Molas s’est imposé avec le premier eral de Tierra d’Oc comme le vainqueur logique de la finale de La Fragua, organisée par le torero Juan Leal. Certes discret à la cape, il prenait de l’importance à chacun de ses muletazos donnés avec beaucoup de calme, de lenteur et de rythme. Un toreo très fin dont la plupart des séries furent applaudies par le public. Il allait terminer par une énorme tanda à gauche, un côté où il nous avait souvent régalés. Son épée parfaitement posée lui permettait de couper la première oreille.

Lorsqu’il reviendra pour tuer le cinquième, ce ne fut pas, en fait, le cadeau espéré par les organisateurs. C’était le vingtième novillo du concours, mais assurément le plus difficile et le plus compliqué, un animal avec de nombreux défauts, s’arrêtant dans la passe, cherchant les chevilles du torero, souvent bronco et imprévisible dans ses charges. Si Juan Molas montra souvent une belle et efficace technique, il fut parfois obligé de reculer, de chiffonner quelques mouvements de recours… Mais jamais Juan Molas ne se laissa dominer. C’est dommage pour lui de terminer avec un tel animal qui ne lui a pas permis d’exprimer toute la finesse de son toreo.

PONTONX ALFONSO PABLO ORTIZD’autant plus regrettable que quelques instants auparavant, Alfonso Pablo Ortiz, dans un style très personnel et très harmonieux, venait de couper une oreille. On l’apprécia tout particulièrement sur la main gauche où on ne pouvait rien lui reprocher, alors que dans le reste de la lidia il se montrait un peu brouillon. Là aussi le novillo n’était pas des plus faciles.

PONTONX FERNANDO PLAZAEntretemps on avait apprécié Fernando Plaza qui avait ouvert sa faena par quelques statuaires avant de dessiner une série de naturelles très lentes et basses. Par contre, par moments, il se laissa dominer et eut le tort de faire durer une faena qui finit par lasser le public.

PONTONX Ignacio OLMOSIgnacio Olmos ne retrouva pas sa décontraction de la veille. Son toreo fut hâché par moments, hésitant et trop souvent superficiel. Lui aussi écrivit une faena beacoup trop longue qui sombra dans l’ennui. C’est dommage car on aurait pu retenir quelques beaux instants.

Dès à présent rendez-vous est pris pour La Fragua de 2017. Reste à Juan Molas, avec ce titre prestigieux, de s’imposer dans les novilladas sans picadors de l’été taurin, des deux côtés des Pyrénées.

Photo du haut : A la fin de « La Fragua », le moment des récompenses. De gauche à droite, Alfonso Pablo Ortiz, Bernard Langlade, vice-président des organisateurs du Sud-ouest, Ignacio Olmos, Fernando Plaza et Juan Molas.

Reportage : Jean-Michel Dussol.