Arzacq. 21 février. Exceptionnels novillos du conde de Mayalde.

ARZACQ TRIOMPHEArènes couvertes du Soubestre.

Le matin.

  • Mathieu Guillon (traje campero), un novillo lourd et puissant, trois piques, une épée basse, applaudissements.

Le soir.

Belle entrée, sept novillos du Conde de Mayalde.

  • Roberto Armendariz : à cheval (traje andalou). Au premier, un rejon et un descabello, applaudissements, au quatrième, un rejon foudroyant, deux oreilles.
  • Baptiste Cissé (vert et or) : au deuxième, une entière, avis, une oreille ; au cinquième, un pinchazo et trois quarts de lame, avis une oreille.
  • El Rafi (vieux rose foncé et or) : au troisième, deux entières, vuelta ; au dernier, quatre pinchazos et une entière, avis, silence.

Cissé et El Rafi ont échange leur première paire de banderilles. Sortie en triomphe de Baptiste Cissé et Roberto Armendariz.

S’il n’y avait qu’un seul vainqueur à désigner lors du dernier festival d’Arzacq-Arraziguet, toutes les décisions convergeraient sur Rafael Finat, Conde de Mayalde qui avait amené un superbe lot de novillos, piqués et non piqués, qui tous ont démontré de grandes qualités de noblesse, beaucoup de mobilité et une excellente présentation, plutôt lourds et souvent impressionnants. Le seul qui fut piqué revint trois fois sous le fer avec beaucoup de violence jusqu’à démettre l’épaule du picador Laurent Langlois. Ce n’était que justice de récompenser, à la fin de la journée, Rafael Finat et son mayoral.

ARZACQ GUILLONOn a commencé la journée avec les plus petits de l’école Adour-Aficion… De sérieux gamins, pas plus hauts que trois pommes pour certains, avec des qualités naturelles et une grande simplicité… Puis, premier novillo de Mayalde, sérieux puissant, avons-nous dit, que va affronter Mathieu Guillon. Peut-être un peu d’hésitation dans les véroniques mais qui seront vite oubliées avec sa détermination aux banderilles. Un tercio débordant d’alegria, plutôt précis et qui enflamme le public. A la muleta, il n’hésitera pas longtemps avant de trouver le sitio et de servir de longues séries à droite. Cet animal n’a qu’un défaut, il ne connaît pas la gauche et Mathieu devra abandonner assez vite ce côté. Mais pour le reste sa tauromachie demeure agréable, avec souvent le recours des grands professionnels, des changements de mains étonnants, des trincheras d’école et toujours données avec efficacité. A l’issue d’une épée pas très jolie, Mathieu écoutera une tempête d’applaudissements. Malgré ses rares apparitions devant le toro, il reste très complet et maître de son art. Pourra-t-il rentrer dans le groupe des toreros de feria ? Il n’y a que les organisateurs qui détiennent la réponse. Mais à Arzacq ce fut une belle démonstration.

ARZACQ ARMENDARIZLe cavalier Roberto Armendariz est désormais un habitué de cette journée. Face à ses deux novillos, il a été chaque fois grand professionnel et toujours très à l’aise aux banderilles. Il trouvera la réussite avec son second, somptueux dans ses quiebros, précis jusqu’au bout des doigts avec les roses, il place un rejon qui foudroie l’animal. Comment refuser les deux oreilles ?

ARZACQ CISSEBaptiste Cissé pour une de ses premières novillada a connu une excellente journée. Quelques véroniques d’accueil et rapidement il comprend que tout se passe à droite. Il va bénéficier de la noblesse naturelle du novillo sur cette main en dessinant de multiples et longues séries. Il ralentit la charge de son adversaire et parvient à une certaine harmonie. Ce sera plus compliqué par la suite, mais Cissé ne se laisse pas impressionner par ce novillo lourd et puissant qu’il vient de brinder à l’organisateur Jean Gibert. Dompté et maîtrisé, le Mayalde se révèle un excellent collaborateur qui met la tête dans la muleta et ne la quitte plus et permet ainsi à Cissé de dessiner une longue faena, lente et harmonieuse.

ARZACQ RAFIPar contre ce ne fut pas la journée de Rafael Roucoule « El Rafi »… Mais à Arzacq personne n’oubliera son poignet délié, souple, toujours lent avec beaucoup de sentiment. Etonnant qu’un garçon puisse avoir un tel don. Même devant un dernier novillo plus compliqué que les autres, il demeure très fin et très précieux, gratifiant son public de quelques changements de mains étonnants. Ses échecs à la mort ont en partie occulté ses grandes qualités, mais un jour on croisera un grand « El Rafi ». C’est sûr.

Reportage : Jean-Michel Dussol

Ci-dessous les diaporamas du matin et de la tarde à travers l’objectif de Romain Tastet.