A propos de José Tomas … et des autres.

José Tomas

Le phénomène José Tomas fait couler beaucoup d’encre … et de salive.

Le diestro de Galapagar, qui vient de se produire avec un résultat mitigé dans la Mexico, vient de se voir proposer de tenter de remettre les pendules à l’heure le 28 février prochain.

Le chaudron mexicain, qui ne fait plus le plein depuis bien longtemps suite à la crise économique et au peu de qualité des spectacles qui y sont proposés, se remplira-t-il à nouveau si José Tomas accepte  d’y re-toréer ? Rien n’est moins sûr. Il semble que le produit José Tomas se négocie toujours bien, mais pour combien de temps ?

On a fait porter le chapeau du demi-échec de dimanche aux toros qui n’auraient pas été à la hauteur de l’enjeu. C’est possible, mais les bichos du jour n’ont-ils pas été soigneusement choisis pour la circonstance ? Point trop agressifs, point trop gros, point trop armés. Il faudrait peut être remettre les choses dans leur contexte qui est celui de la corrida moderne, de la corrida show-biz où le hasard a de moins en moins sa place, où le toro n’est plus un adversaire mais un partenaire. N’a-t-on pas vu d’ailleurs José Tomas répéter avant son show nîmois comme on répète avant un concert ?

L’authenticité n’est plus de mise, on fabrique un toro qui doit « servir » (le vilain terme), qui ne doit pas poser problème, car au moindre derrote intempestif, on l’exécute et on passe au suivant. L’incertitude sur le comportement n’est plus de mise, tout doit être prévisible, et la faena apprise par coeur pourra donc être récitée devant un public qui de plus en plus s’ennuie dans les arènes. Faut-il accuser les toros ou ceux qui les réclament en tant que tels ?

José Tomas a construit sa réputation en foulant des terrains compromis, souvent devant des adversaires de respect, au prix de blessures quelquefois graves, voire gravissimes comme en ce 24 avril 2010 à Aguascalientes où son second adversaire lui perfora la fémorale, le laissant entre la vie et la mort.

« Quand je vais toréer, je laisse mon corps à l’hôtel. », aurait-il dit un jour. Actuellement il peut le prendre avec lui, car le risque (bien que réel) est souvent limité par le faible degré d’opposition.

José Tomas un phénomène ? Il l’a été. Est-il toujours cet extra-terrestre du toreo, comme on l’a surnommé ? Personnellement j’en doute, même si je souhaite me tromper. N’est-il pas venu le temps de passer à autre chose, pour lui comme pour nous ?

(Photo : EFE)