La Fédération Française de la Course Camarguaise dépose son bilan.

271060643La Fédération Française de la Course Camarguaise a annoncé qu’elle déposait son bilan.

Bien que le sujet ne soit pas lié directement à la corrida, l’effondrement d’une partie de l’édifice taurin met en péril le reste de l’ouvrage et constitue une brèche dans laquelle le courant animaliste pourrait bien s’engouffrer.

Ci-dessous l’article paru dans le quotidien Midi Libre.

La FFCC, qui traverse une grave crise financière et structurelle, a pris la décision mardi soir de déclarer la FFCC en cessation de paiement au tribunal de grande instance de Nîmes.

La Fédération française de courses camarguaises dépose le bilan. Dans un communiqué publié le 5 janvier sur son site internet, la fédération explique que “le comité directeur a pris en responsabilité la décision de déclarer la FFCC en cessation de paiement au tribunal de grande instance de Nîmes […] Pour cette démarche, il va solliciter l’accompagnement de la DRJSCS lors de son rendez-vous du jeudi 7 janvier 2016 et tiendra les licenciés informés de toute la procédure et de la date possible des prochaines élections.”

Logo_de_la_Fédération_française_de_la_course_camarguaise130 000 € de dettes.

Selon France Bleu Gard Lozère, la direction régionale de la jeunesse, des sports et de la cohésion sociale doit aider la fédération à “conserver l’agrément. Sans cet agrément, de nombreuses courses pourraient être annulées dès cette saison, car les coûts seraient trop élevés pour les organisateurs et les raseteurs”. Selon nos confrères, les dettes de la Fédération de la course camarguaise atteignent les 130 000 €, “après des années de mauvaise gestion”.

Le président de la FFCC Gérard Batifort avait démissionné en décembre après le rejet en interne du plan d’urgence, qui impliquait un changement des statuts proposé pour sauver une fédération rongée par des années de mauvaise gestion et une accumulation de dettes.

La course camarguaise, héritière de jeux taurins et de rituels d’initiation pratiqués dans la région depuis des siècles, oppose – sans mise à mort, contrairement à la corrida importée d’Espagne – de jeunes hommes, les raseteurs, à un taureau dit cocardier. Les raseteurs défient le taureau en cherchant à aller décrocher sur et entre ses cornes des attributs à l’aide de crochets. Ils échappent aux charges de l’animal en bondissant sur les grilles et parois de bois bordant la piste des arènes.

Gard, Bouches-du-Rhône, Hérault et Vaucluse.

Les attributs rapportent des points qui permettent de déterminer le meilleur des raseteurs dans les différentes manifestations de chaque catégorie. Les courses camarguaises se pratiquent dans le Gard, les Bouches-du-Rhône, l’Hérault et le Vaucluse. Les plus prestigieuses ont lieu dans les arènes d’Arles (Bouches-du-Rhône) et de Nîmes (Gard). Elles constituent également un atout touristique pour les villes organisatrices, qui espèrent donc que la saison 2016 ne sera pas compromise par les déboires financiers de la fédération.

Laurent Burgoa, conseiller départemental du canton de Nîmes a réagi en écrivant au préfet pour que celui-ci organise une table ronde :

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« Cette décision est totalement inopportune » indiquent Yvan Lachaud le président de Nîmes Métropole et Jean-Marc Soulas, vice-président en charge de la politique communautaire et des traditions : « Elle prend en otage l’ensemble des acteurs de la Course Camarguaise et plus largement des traditions taurines de la région. Cette décision aura de plus de nombreuses conséquences : – La tenue de la saison 2016 est compromise ; – Cela engendre une véritable crise économique dans le secteur en touchant directement manadiers, raseteurs, clubs taurins et le tissu économique gravitant autour ; – La vente totale des actifs et du patrimoine de la FFCC. Et si cela ne suffit pas à combler le passif, ce sont les membres du Comité Directeur qui seront directement responsables financièrement contrairement à ce qu’ils disent aujourd’hui ; – Enfin, la Fédération Française de la Course Camarguaise ne pourra plus être soutenue par des aides financières apportées par les collectivités publiques qui sont prêtes à s’engager sur un véritable projet et une nouvelle équipe.»

Depuis plus de huit années, Nîmes Métropole est dans le sillon des traditions taurines et soutient la Course Camarguaise, C’est qu’elle pèse un poids économique énorme, avec près de 30 Millions d’euros de retombées. Nîmes Métropole affirme « qu’elle ne restera pas derrière les barricades » et propose « qu’une réunion d’urgence ait lieu avec l’ensemble des protagonistes et des collectivités mobilisées. Il s’agit de sortir par le haut d’une situation qui, si aucune solution n’était trouvée, pourrait être fatale pour la fédération et l’ensemble des aficionados ».

Extrait de l’article d’Objectif Gard du 6 janvier.