Balade en Espagne : Las Virtudes.

VIRTUDES.2Petit village situé aux confins de la région espagnole de Castilla y León, à quelques kilomètres de Cuenca, Las Virtudes vaut le détour pour ses arènes carrées considérées comme les plus anciennes d’Espagne.

C’est en effet en 1641 qu’y fut donné le premier spectacle taurin public. La plaza de toros fut réellement achevée en 1645. Son « alvero » est carré comme l’étaient alors la plupart des pistes des arènes destinées aux combats de toros bravos au XVI° siècle.WP_20150510_020_GF WP_20150510_021_GF WP_20150510_022_GF WP_20150510_023_GF WP_20150510_024_GF WP_20150510_025_GF

Il est à noter qu’aujourd’hui ces arènes sont encore en activité. Le matador Aníbal Ruiz y gracia même un taureau de D. José Cebada Gago le 8 septembre 2012. Elles sont aujourd’hui gérées par la ville voisine de Santa Cruz de Mudela.

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La Plaza de Las Virtudes a pour particularité de jouxter la façade de l’église église-monastère de La Ermita : les première corridas y furent en effet organisées par les prêtres de la paroisse dans le but, après l’office, de distraire les paroissiens mais aussi de faire entrer dans un lieu sacré l’ensemble de la population, les païens en sus!

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Les nobles boudaient cette initiative car les corridas se déroulaient à pied et non à cheval comme le voulait la coutume au XVI° puis au XVII°. Ce n’est que plus tard que les corridas à pied se démocratiseront dans tout le Royaume d’Espagne et non plus seulement en Andalousie.

Histoire et Architecture sont intrinsèquement liées et sujettes à controverses.

La Plaza de Las Virtudes ne déroge d’ailleurs pas à cette règle. Nombreux sont les avis divergents concernant le fait d’attribuer aux arènes de Las Virtudes le titre honorifique de «plus anciennes d’Espagne»: sa forme carrée, son accolement au Monastère de La Ermita datant du XIV° siècle semblent plaider en ce sens.

En France, lorsqu’on évoque l’ancienneté des plazas de toros, les premiers noms de villes qui viennent à l’esprit sont Nîmes ou Arles dont les arènes se situent dans des amphithéâtres romains. Cependant ces édifices ne furent pas construits dans le but d’y donner des corridas au sens propre. C’est ainsi que Bayonne peut revendiquer le titre de «première ville taurine de France» au sens historique du terme.

 En effet, construites sous l’impulsion de l’Empereur Français Napoléon III, elles comblèrent son épouse l’infante d’Espagne Eugénie nostalgique de son pays où l’on donne alors régulièrement des courses de taureaux (nous sommes dans la deuxième moitié du XIX° siècle). Même si à Bayonne on pratiquait déjà des courses de taureaux à l’Espagnole depuis le XVIII° sur la Place St. Esprit, les arènes de Lachepaillet resteront les premières construites « en dur » dédiées aux courses de taureaux à la mode espagnole.

Alors, le titre de «premières arènes» vaut-il pour la date de construction, la renommée acquise au fils des ans, la capacité ou encore le nombre de corridas qui s’y déroulent ?

Chers amis, nous laisserons chacun en juger selon sa culture et son afición.

Texte et photos : Marc Vargas (tweeter: @marcvargas8)

La traduction  en espagnol figurera sur le site de Marc :  L’envers du Mundillo