Rion des Landes. 22 novembre. Pablo Aguado illumine le festival taurin.

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A la fin du festival, de gauche à droite, le mayoral de Jalabert, Patrick Varin, Adrien Salenc, Pablo Aguado, Juan del Alamo, Juan Bautista.

Demi-arène pour un festival commencé sous les nuages et terminé sous un pâle et agréable soleil d’hiver, température fraîche.

Cinq toros et novillos de Jalabert, durs et parfois compliqués, tous une pique, sauf le second, deux châtiments. Marseillaise après le paseo et affirmation des traditions locales et du bien vivre à la française par le président de la Peña Toro Blanco de Rion, organisatrice du festival…

Gardarem lou béret y lou Larzac !!!

unnamed-3Deux oreilles et la queue… ! Pablo Aguado, une fois encore, a surpris son public par sa façon inégalable de toréer. C’est un concept composé d’art et de domination, avec chaque fois un détail qui change tout et transforme une passe classique en un petit monument. Dès la cape, le jeune Sévillan s’est montré conquérant et artiste. Il s’imposait rapidement devant un toro pas particulièrement facile. Un brindis a Juan Bautista et Pablo se lance dans une faena qui paraît compliquée au début mais qu’il éclaire et illumine, passe après passe. Lorsqu’il prend la main gauche tout change d’âme… Il devient magique, mais surtout, il pèse énormément sur le toro et le soumet rapidement. C’est dès lors un festival de bon goût, de tempérance et d’harmonie. Pablo Aguado est chez lui, à Séville, il donne aux petites arènes de Rion-des-Landes, les ocres et les blancs inoubliables de la Maestranza. «Es un toreo de solera…» me souffle mon voisin. Pablo Aguado est monté dans son nirvana et nous fait rêver. Merci encore pour ce grand moment de tauromachie ! Après le succès du novillero sans picador l’an dernier, le novillero formel nous laisse espérer pour le festival 2016 un torero de magie et d’art.

unnamed-1Patrick Varin nous a offert un beaiu moment de nostalgie. Le soleil tentait de percer les nuages, mais on a rapidement oublié le froid face à la démonstration d’élégance naturelle à laquelle se livre Patrick avec ses premiers lances de cape. Il est venu pour se faire plaisir et retrouver les gestes qui ont illuminé sa jeunesse. Ce n’était qu’un début. Après un brindis à André Viard, c’est le moment d’une faena complète sur les deux mains avec sur beaucoup de passes, un instant d’inventivité. Et ces ayudados qui vont terminer sa partition sont autant d’immenses moments de bon goût et de bonheur. Les tempes sont grises depuis longtemps, les cheveux viennent de suivre, mais Patrick Varin demeure le torero que l’on a toujours aimé (un pinchazo, une demie, une entière, une oreille).

unnamed-2Juan Bautista n’aura vraiment pas eu de chance. Il hérita du novillo le plus compliqué, de «mala casta» auraient dit certains. Heureusement son énorme recours lui a permis d’éviter un naufrage. «Mais c’est un Miura…» disait à côté de nous David Romero. Juan Bautista fit cesser la musique qui s’était lancée et en termina avec beaucoup de maîtrise (une entière, une oreille).

unnamed-4La grande leçon de tauromachie, nous la devons à Juan del Alamo. Confronté, lui aussi, à un toro compliqué mais moins agressif, il commença par le soumette en quelques passes qui pesèrent énormément. Après quelques minutes, le garçon était redevenu le maître du ruedo. Dès lors il se lança dans une faena de domination avec de très beaux moments sur la main gauche.  Progressivement il ralentira le rythme pour tenter d’aborder à quelques moments artistiques. Dominer puis toréer. Il avait respecté les deux moments essentiels de la lidia (une entière, un descabello, deux oreilles).

unnamed-5Adrien Salenc termina la matinée après un brindis au ciel en hommage aux victimes des attentats. Le jeune novillero sans picadors fut parfait sur les deux mains. Une tauromachie très policée qu’il domine parfaitement. Cette maîtrise lui permettra très rapidement d’apporter la profondeur qui manque encore à sa faena. Mais ne boudons pas notre plaisir ce fut parfait, un agréable moment. (un quart de lame, une entière, deux oreilles).

Un dernier instant de tauromachie très sympathique avant de se retrouver dans quelques mois pour une nouvelle temporada.

Reseña et photos : Jean-Michel Dussol.