Dax. 16 août (tarde). Rafaelillo coupe une oreille à des Escolar sans saveur.

DAX 5 RAFAELILLO UNE SEULE OREILLEDernière corrida de feria, arènes combles, soleil, nuages et quelques gouttes de pluie, température agréable.

Six Escolar Gil, de 475 à 525 kilos, remarquablement présentés mais sans le moindre piquant pour une corrida très morne. Tous deux piques, souvent réglementaires, dangereux à la muleta en restant toréables.

  • Rafaelillo (rioja et or), au premier, une entière, une oreille ; au quatrième, une entière, salut au centre.
  • Manuel Escribano (bleu marine funèbre et or) au deuxième, une entière, un pinchazo, une entière, un descabello, silence ; au cinquième, un pinchazo, trois-quarts de lame, silence.
  • Alberto Aguilar (bleu et or), au troisième, un pinchazo, une demi-lame, cinq descabellos, silence ; au dernier, cinq pinchazos, une entière, silence.

DAX 5 RAFAELILLORafaelillo, même en coupant une oreille au premier toro d’Escolar Gil n’est pas parvenu à sauver le final de la feria de Dax. Il est vrai que la tâche était difficile, voire impossible, tant les Escolar Gil étaient apathiques, manquant totalement de fiereza et d’agressivité. L’aficionado était d’autant plus déçu que les costumes des Escolar étaient parfaits. Des robes petit gris du plus bel effet, des armures type Saltillo parfaitement dans le style. Mais le moral était en baisse, en sérieuse baisse au point que la course est rapidement devenue de peu d’intérêt et parfois ennuyeuse. Pourtant le torero a tout fait, montant sur les cornes, jouant sur les deux mains, servant des pechos spectaculaires. Très souvent il fut immense. Rafaelillo construisait une faena complète, même si elle fut un peu longue et a pu lasser sur les derniers muletazos. Il fut beaucoup plus prudent avec son second adversaire qui, en outre n’avait vraiment pas grande race.

DAX 5 ESCRIBANOManuel Escribano habituellement pétillant, virevoltant devant les cornes tel un farfadet, intéressa aux banderilles avec son premier, par un violin suicidaire al quiebro. Il débute par quelques passes de châtiments, genoux pliés. Malgré tous ses efforts, la faena ne montera pas dans les gradins. Par la suite il donnera quelques passes sur le voyage mais sans vouloir jamais s’impliquer dans son combat. Un Manuel Escribano qui n’a pas voulu relever la platitude de ses adversaires.

DAX 5 AGUILARAlberto Aguilar, à ses débuts, écoutait tous les matins les conseils de son apoderado. « Si tu ne veux pas décharger les camions aux halles de Madrid il faut te battre… » S’il continue ainsi, Alberto ne va tarder à s’occuper de l’approvisionnement de Madrid ! Hier, même si la matière première qu’on lui donnait n’avait que peu d’intérêt, le garçon n’a rien fait pour tenter d’arracher quelques applaudissements. Il fut toujours très loin de son adversaire, n’a jamais tenté de le dominer. Il rompait rapidement dès que la situation devenait dangereuse. Un pâle Alberto par rapport au torero que l’on a connu dans ses premières années d’alternative.

Ce ne fut pas un final en lumière, d’autant plus terne que la veille les Pedraza de Yeltes avaient placé la barre bien trop haut.

Reseña et photos : Jean-Michel Dussol.

Reportage photos : louise2z