Dax. 14 août. Seul Daniel Luque coupe une oreille.

unnamed-1Deuxième corrida de feria, arènes combles, nuages bas et menaçants, temps frais, deux heures trente de spectacle.

Sept toros d’Antonio Bañuelos, de 510 à 480 kilos, le premier remplacé pour faiblesse. L’ensemble du lot sans grande force, s’éteignant vite et sans alegria. Les deux derniers un peu au-dessus des autres. Tous deux piques, le quatrième revient une troisième fois au cheval. Souvent ternes à la muleta.

  • Enrique Ponce (vert de gris et or), au premier, un quart et trois-quarts de lame, salut et ovation ; au quatrième, une entière, un descabello, silence.
  • Ivan Fandiño (bleu pâle et or), au deuxième, un pinchazo, une demi-lame, un descabello, silence ; au cinquième, trois-quarts de lame, vuelta.
  • Daniel Luque (bleu nuit et or), au troisième, un pinchazo, trois-quarts de lame, salut ; au dernier, une entière, deux descabellos, avis, une oreille.

Abraham Neiro, de la cuadrilla de Daniel Luque, a salué aux banderilles.

Pour qui avait vu, il y a un mois, l’excellente corrida d’Antonio Bañuelos à Eauze, qui avait suivi en juillet le mano a mano, Ponce-Fandiño, n’en éprouvait que plus de déception en quittant les arènes de Dax. Un lot véritablement décevant, manquant de force, ne chargeant que peu, répétant rarement dans la muleta, tout ce que les toros peuvent parfois comporter de défauts. Seule la présentation était acceptable.

unnamed-3Enrique Ponce, malgré ses immenses qualités, n’a pu extraire l’essentiel de la tauromachie. Il a pourtant tout tenté. Après avoir été accueilli par une ovation majeure, il conduisait sa cape de la pointe des doigts avec précision et beauté, servant quatre véroniques et une demie de rêve. Suivait un toreo fin et précis dont lui seul a le secret. Des naturelles enluminées, des cornes qui frôlent la ceinture, parfois des attitudes de novillero conquérant. La faena aurait pu être une symphonie, avec ce corps relâché, des gestes donnés avec négligence mais d’une précision diabolique. Mais la symphonie tourna court devant tant de faiblesse. Ce fut un peu la même chose avec le second adversaire qu’il affronta. Entre temps Ponce était allé parler avec le ganadero. Que se sont-ils dit ? Cette dernière chance, Ponce l’a travaillée, poursuivie, forcée, mais sans jamais pouvoir l’atteindre au point de revenir totalement dépité au callejon.

unnamedIvan Fandiño, n’a jamais forcé son talent. Il réalisa une première faena sans profondeur. Peut-on le lui reprocher avec ce toro ne dégageant pas la moindre émotion ? Il s’éteignait définitivement après que le maestro lui ait volé quelques naturelles. Il eut la chance de toucher un cinquième un peu moins mauvais que le reste du lot. Il répéta même deux ou trois séries au centre de la piste. La faena sera fugitive, très brève, un éclair dans la grisaille.

unnamed-2Daniel Luque entretiendra cette petite flamme avec le dernier. Il le séduit par une impressionnante série de chicuelinas faisant crouler les arènes sous les applaudissements. Sa faena sera essentiellement droitière, mais il fit monter l’intérêt avec deux séries de naturelles. Il fallait en finir car le toro s’épuisait. Sa première sortie avait commencé par quatre véroniques dont il a le secret, lentes et très amples. A la muleta lui aussi essayait toutes les bonnes recettes. Mais il y a des jours où les sorciers ne peuvent rien contre l’adversité.

Reseña et photos : Jean-Michel Dussol.

Reportage photos ci-dessous : louise2z