Maurrin (40). 9 août. Jesus Mejias a hombros.

MAURRIN TRIOMPHEVingtième anniversaire des arènes et dixième de la «Peña Toro Cardeño», arènes combles, à peine quelques places disponibles. Temps couvert, température agréable, une heure cinquante de spectacle.

Deux erales d’Alma Serena et deux du Lartet. Tous bien présentés et de façon générale nobles. Le deuxième Alma Serena primé d’une vuelta.

  • Tibo Garcia (violet foncé et or), au premier, une entière une oreille.
  • Baptiste Cissé (rouge et or), au deuxième, un pinchazo profond, une entièren une oreille.
  • Tomas Ubeda (beige et vieil or), au troisième, une entière, quatre descabellos, silence.
  • Jesus Mejias Garcia (bleu pâle et or) au dernier, une entière, deux oreilles.

Présence d’une vingtaine d’anti-taurin qui sont resté très discrets, brandissant quelques affiches à la sortie de la novillada.

L’histoire retiendra que Tibo Garcia est le premier novillero à avoir coupé une oreille dans les arènes de Maurrin (40) et Jesus Mejias Garcia le premier à sortir en triomphe. Jusqu’alors ces arènes de Maurrin étaient exclusivement dédiées à la course landaise. C’est en mars 1995 qu’une petite armée de bénévole sous le commandement de deux ou trois entrepreneurs, tous éperdument passionnés de tauromachie, posaient la dernière brique de ces arènes.

On avait décidé de fêter dignement ces vingt ans. Le matin, une cuadrilla d’écarteurs landais défilait, drapeau tricolore en tête du bourg jusqu’aux arènes. L’après-midi, la peña “Toro Cardeño” mettait en piste, pour les dix ans de sa création, deux novillos des frères Bats, Alma Serena et deux autres du Lartet, Paul et Jérôme Bonnet. Pour les combattre, à «la mode espagnole» comme disent les Landais, Tibo Garcia, Baptiste Cissé, Tomas Ubeda et Jesus Mejias Garcia.

MAURRIN T. GARCIATibo Garcia avec le premier Alma Serena ouvrait un répertoire très varié, s’efforçant de toréer au centre et pesant à chaque passe sur son adversaire. Un travail très efficace dans lequel le garçon paraissait se faire plaisir et nous donna une belle leçon de toreo… Mais il devrait trouver un rythme plus lent, il créerait alors de grandes choses.

MAURRIN CISSEBaptiste Cissé nous a étonné par la maturité taurine dont il a su faire preuve. Très stable dans ses véroniques, toujours amples et plutôt lentes. Il se saisit des banderilles et sans exceller dans le style, il sait se faire apprécier du public et démontre un beau courage. Par la suite sa faena sera des plus intéressantes. A droite, avec une muleta très basse, il domine parfaitement et réduit son adversaire, un sacré loustic, qui revient sans cesse dans la muleta… Il oblige Baptiste qui refuse de reculer à des changements de mains du plus bel effet. Sur la main gauche, il est très alluré avec un excellent eral qui sera primé d’une vuelta. Est-ce le premier pinchazo qui refroidit le président ? Il n’aura qu’un trophée à l’issue de ce qui se révélera comme la meilleure faena de la tarde.

MAURRIN UBEDATomas Ubeda aura du mal à dominer un novillo du Lartet, imposant en poids et gabarit, mobile et agressif. Il essaiera de se sauver aux banderilles par un quiebro avec des bâtonnets extra-courts. Le garçon aura quelques excellents moments sur la main gauche, où il perviendra à dominer. Pour le reste, il est resté un peu en retrait devant un eral un peu trop compliqué pour lui.

MAURRIN MEJIAS GARCIAJesus Mejias Garcia est un petit coquin fort sympathique qui va se servir de l’excellente corne gauche du deuxième Lartet. Il l’assagira puis le dominera et donnera l’impression d’une grande aisance. Il n’y a rien à redire à sa tauromachie. Hier elle était séduisante, mais peut-être pas aussi profonde que celle de Cissé. Jesus coupe deux oreilles… Dès lors comment faire pour ne pas lui décerner le prix de la meilleure faena ? Si Maurrin et la peña Cardeño le souhaitent, cette première ouverture permet de poursuivre.

Reseña et photos : Jean-Michel Dussol.