Istres. 2 août. Les novilleros a hombros.

Capture d’écran 2015-08-04 à 15.24.26La novillada des fêtes d’Istres a connu une belle affluence (grosse demi-entrée) pour assister aux prestations de trois jeunes toreros du cru, le rejoneador Laury Tisseur et les novilleros Lilian Ferrani et Andy Younes.

Ambiance bon enfant avec un public bienveillant venu encourager les enfants du pays, ce qui conduira à relativiser les récompenses obtenues ce jour.

Capture d’écran 2015-08-04 à 15.14.14Deux novillos de Fano pour le rejoneo qui ont joué très bien leur rôle et permis à Laury Tisseur de prendre confiance pour ses vrais débuts en public. Le premier adversaire du garçon, un peu distrait au début, s’intéressa davantage au cheval après le premier rejon de castigo mais sans pour autant s’y fixer. Aux banderilles, Laury, qui maîtrise très bien ses montures, cloua trois banderilles avec efficacité, nous gratifia de quelques pirouettes devant les cornes, puis posa deux courtes en aguantant correctement les accélérations du Fano, un novillo qu’on aurait bien aimé voir lidier à poids tant il manifesta noblesse et fijeza. La mise à mort fut plus compliquée, le rejon de muerte trasero tardant à faire effet, d’où une demi-douzaine de descabellos qui refroidirent un peu le public. Salut au tiers.

Capture d’écran 2015-08-04 à 15.18.22Face au quatrième de trapio plus conséquent, Laury fut un peu moins à l’aise. deux rejones de castigo, le premier à bout de bras, des poses de banderilles correctes mais avec beaucoup de galopades qui cassèrent un peu le rythme de l’ensemble. Légère bousculade en toréant avec la croupe de son cheval, trois courtes sans liaison dans les poses, rejon de muerte en place, deux descabellos. Oreille d’encouragement. Du chemin reste à faire mais les débuts sont prometteurs.

Pour les piétons, quatre novillos de Fernay et Hijas, légers les 2° et 3°, plus conséquents les 5° et 6°, nobles et maniables dans l’ensemble, le 6° au-dessus du lot. Tous une pique.

Capture d’écran 2015-08-04 à 15.15.26Lilian Ferrani a soufflé le chaud et le froid. Le chaud par l’esthétique de son toreo, le froid du fait qu’il subit souvent plus les charges qu’il ne les maîtrisa. Dans le trio de préceptes du toreo « para, mandar, templar », le second passa souvent à la trappe. Face au second, les véroniques de réception furent brouillonnes, Marc-Antoine Romero signant ensuite deux belles poses de banderilles après une courte ration de fer. Débutée par passes hautes templées, la faena se poursuivit par deux séries droitières, la seconde agrémentée d’un desprecio bienvenu. Désarmé en début de troisième série, Lilian passa à gauche pour trois naturelles et une dosantina cafouillée. Le final, avec encore des circulaires inversées, fut beaucoup moins convainquant, et l’oreille locale, après une lame atravesada perçante.

Capture d’écran 2015-08-04 à 15.19.14Les véroniques de réception du cinquième, mains basses, furent des plus correctes, tout autant la demie de clôture. Après l’unique ration de fer, Lilian débuta par deux passes cambiadas une faena qui le vit beaucoup toréer sur le voyage. Si le temple fut présent, à droite comme à gauche, le mando manqa cruellement et l’ensemble resta sans transmission, le bicho de plus raccourcissant ses charges. L’oreille attribuée fut généreuse au vu de cet ensemble superficiel que seule releva une grande estocade d’effet rapide.

Capture d’écran 2015-08-04 à 15.16.46Andy Younes a subi aujourd’hui l’épreuve des trois avis, et la leçon devra servir pour la suite de sa carrière, prouvant que rien n’est jamais acquis. Bien accueilli par véroniques, tafalleras et revolera, le troisième fut ensuite convié après une pique correcte à un quite varié par chicuelinas, tafalleras, faroles et demie. La faena qui suivit fut agréable à suivre, l’arlésien alternant les deux bords avec temple et aguante. Attention pour lui aussi de ne pas abuser des circulaires inversées et des séquences encimistas qui ont pour effet de toréer le public. Il faut en rester aux fondamentaux qu’on peut enjoliver par exemple par des changements de main par le devant (vu aujourd’hui), des trinchazos et trincherillas ou autres desprecios. Quasi-entière en place, deux oreilles.

Capture d’écran 2015-08-04 à 15.21.43Le sixième fut reçu par quelques bonnes véroniques et demie, puis envoyé dans le peto sans l’arrêt nécessaire (un autre épisode de la lidia qu’il ne faut pas négliger). Après un joli quite par saltilleras et revolera, Andy brinda sa faena à Alain Montcouquiol « Nimeño I ». Bien débutée par derechazos de rodillas, la faena ambidextre fut variée, templée, bien construite à droite comme à gauche, agrémentée d’une arruzina par ci, d’une trincherilla par là, toujours judicieusement positionnées. Séquence encimista pour le final et une mise à mort très compliquée où le jeune garçon alterna l’épée et le descabello une douzaine de fois jusqu’à entendre les trois avis. Anti-règlementairement, il poursuivit tout de même au-delà avec le descabello jusqu’à abattre son adversaire. Palmas tout de même.

Capture d’écran 2015-08-04 à 15.22.45Andy reçut tout de même le prix Pierre Pouly attribué au meilleur novillero de la tarde avant de sortir a hombros en compagnie de Lilian Ferrani.

Reseña et photos : Paco.