Riscle. 1er août (matin). La déroute de José Ruiz Muñoz. Le bonheur d’Adrien Salenc.

Capture d’écran 2015-08-01 à 15.15.37Samedi 1er août, ante meridiam. Novillada mixte. Belle entrée, nuages puis soleil, une heure trente de spectacle.

Deux novillos du Lartet (Paul et Jérôme Bonnet), bien présentés, le second au dessus, une et deux piques, toujours prise avec bravoure, toujours mobiles et agressifs. Compliqués à la muleta mais toréables.

  • José Ruiz Muñoz (vert bouteille et or), au premier, une entière silence ; au deuxième, une entière en passant, sifflets.

Deux erales, bien présentés, très mobiles et renouvelant leurs charges.

  • Tibo Garcia (violet et or), une entière, avis, salut.
  • Adrien Salenc (rouge et or), une trasera, un quart de lame et une entière, vuelta.

Capture d’écran 2015-08-01 à 15.16.09José Ruiz Muñoz que l’on avait vu brillant et artiste, il y a deux mois, à Rieumes (31) n’a été qu’une très pâle figure de ce triomphateur. Un garçon, tenaillé par la peur sur ses deux toros… et compte-tenu de la parenté, nous ne pouvons résister à citer notre regretté et excellent confrère Georges Dubos qui aurait sûrement écrit : «costume vert de peur et or», comme il se plaisait à le faire lors des déroute du tonton pharaon. Pourtant tout novillero, un peu combatif, ayant un peu faim, voulant se faire un nom, n’aurait jamais reculé devant ces deux novillos du LarteT.

Face au premier, un joli petit toro, applaudi dès son entrée en piste, jamais il ne parviendra à s’imposer. Avec les fesses à Séville et la cape à Riscle, ce premier tercio est annonciateur de graves problèmes. Lorsqu’on en arrivera à la muleta, jamais il ne saura prendre le dessus. Certes l’animal se retourne très vite, sur lui même et comme la charge qu’il lui impose est très courte, José Ruiz Muñoz est chaque fois, ou presque, en difficulté. La cuadrilla ne comprend pas toujours et ce premier acte tourne rapidement en zizanie complète sous des torrents de trouille. Pourtant, un peu compliqué, le novillo n’avait rien de très dangereux. A retenir de cette sortie, un sublime trinchera pour sortir l’adversaire qui s’intéresse d’un peu trop près aux chevilles du maestro.

Lorsqu’en dernier sort le deuxième novillo du Lartet… comme nous, José Ruiz Muñoz ne doit voir que les cornes et le morillo qui jaillissent du toril… Impressionnant, d’autant que dans un mois l’animal deviendra toro. Dès lors, il n’y a plus grand chose à écrire. Il recule sur chaque passe de cape, pose ses fesses sur l’autel de l’église de la Macarena, replie la cape à Riscle, part en courant, saute la talenquère à la recherche de la quiétude. A la muleta, les vieilles lectures remontent à la mémoire… On pense à Cagancho, le gitan aux yeux verts, et à ses fuites éperdues. Le novillo, on ne le jugera guère, mais après un honnête comportement à la pique, il semble avoir quelques qualités pour répondre à la muleta. Rien, rien à écrire, si ce n’est quelques passages de frayeur.

Capture d’écran 2015-08-01 à 15.15.53Tibo Garcia se retrouvait devant un eral du Lartet, vif et agressif. A la cape son toreo aurait gagné à mieux commander au novillo et à ralentir sa charge. Il a parfaitement vu qu’il convenait de le réduire et ouvre sa faena avec des passes, presque de châtiment, données très basses, genoux pliés. S’il avait donné un rythme un peu plus lent à sa composition, Tibo Garcia aurait été complet, presque parfait. C’est un aspect de son art qu’il devrait travailler.

Capture d’écran 2015-08-01 à 15.16.23Adrienc Salenc commence par régaler le public par cinq ou six véroniques et une demie de légende. Aux banderilles, il fait cadeau d’un quiebro à couper le souffle. Très vite sur les deux mains, il va trouver le bon tempo dans ces passes toujours efficaces et qui pèsent sur le toro. Dans la première partie de sa faena, il sera plusieurs fois applaudi. Mais l’intensité baissera… Dommage qu’il cafouille sa mise à mort, lors de sa vuelta il aurait pu nous montrer une ou deux oreilles.

Pour Paul et Jérôme Bonnet, il y a, bien sûr, un peu de regret de n’avoir pu juger pleinement ces deux novillos. Mais la pique et la façon de rentrer dans la muleta laissent poindre de bons espoirs pour le futur.

Reseña et photos : Jean-Michel Dussol.