Mont de Marsan. 24 juillet. Ponce, Fandiño et le mayoral en triomphe.

Capture d’écran 2015-07-24 à 23.10.56Une grande course de Victoriano del Rio

Troisième corrida de feria, arènes quasi-combles, soleil et nuage en fin de course, température agréable, deux heures cinquante de spectacle.

Six Victoriano del Rio, un toro de Cortès, un Juan Pedro Domecq en remplacement du quatrième aux cornes détériorées. Tous deux piques, certaine prises avec puissance et bravoure. Tous très toréables.

  • Enrique Ponce (bleu roi et or), au premier, trois-quarts de lame, deux descabellos, un avis, une oreille ; au troisième, une demi-lame, avis, trois descabellos, vuelta ; au cinquième, une entière, un descabello, avis une oreille
  • Ivan Fandiño (rose bonbon et or), au deuxième, un pinchazo, une entière, avis, une oreille ; au quatrième, deux pinchazos, une entière, salut ; au dernier, un pinchazo, une entière, deux oreilles.

Capture d’écran 2015-07-24 à 23.10.40Ponce au sommet, quittant l’arène pour toréer avec les princes sur la planète des toros… La première faena de ce mano a mano a été l’œuvre d’un immense torero, un grand qui s’est soudainement transfiguré, soit par l’hymne valencien joué en son honneur, il toréait pour la 22ème fois à Mont-de-Marsan, mais plutôt par l’immense noblesse de « Despreciado », mais une noblesse qui ne manquait pas de piquant et de force. On a rencontré un Enrique Ponce qui demeure le Grand, l’incontournable de la tauromachie… Il s’est offert un nouveau triomphe à Mont-de-Marsan, mais avec la touche des artistes éternels. Sa première faena est une sorte de rêve où il n’y a que du bon goût, un rythme fait de lenteur, le tout donné avec un temple majestueux. La seule chose qu’il faut regretter, c’est que ce toro n’ait pas été récompensé d’une vuelta, tant sa force aux piques et son comportement à la muleta furent impressionnants.

Capture d’écran 2015-07-24 à 23.10.22Après avoir atteint un tel sommet, comment poursuivre ? La course a un peu souffert de cette démonstration. Mais si le torero de Valencia n’a pas retrouvé un tel souffle par la suite, il a su dégager, de temps à autres, d’immenses moments, surtout quand il apparut comme transfiguré en toréant sur la partition du concerto d’Aranjuez, ou lorsque avec son dernier toro il entamera une série de naturelles comme on pensait qu’elle ne pouvait exister…

Capture d’écran 2015-07-24 à 23.10.04Ivan Fandiño aurait-il de quoi répondre ? Certes s’il fut un peu timide pour sa première sortie, trop classique et parfois superficiel, il laissa tout de même échapper quelques soupçons artistiques. Il n’aura pas ensuite trouvé toute l’harmonie nécessaire.

Capture d’écran 2015-07-24 à 23.09.50Mais soudainement avec « Vison », le Basque explose. Il passe à côté de son tercio de cape qu’il veut donner à genoux. Mais muleta en mains, il va au centre de la piste et contraint son adversaire dans des derechazos très bas, avant de le laisser respirer sur la main gauche. Ses naturelles sont impressionnantes d’aisance et de bon goût. La pression ne cesse de monter, quelques trincheras pour relancer le rythme et l’on repart pour une nouvelle série. Fandiño veut prouver que lui aussi est un grand de la tauromachie et il y parvient. Au deuxième essai, il cloue une épée magistrale, le toro titube et s’affaisse, deux mouchoirs jaillissent spontanément du palco. C’est fait. Il tient son triomphe.

C’est une ambiance extraordinaire qui saisit l’arène. Elle applaudit à tout rompre… Crie «torero..torero». Un long moment de bonheur qui se poursuit avec la sortie en triomphe des deux toreros accompagnés par le mayoral de Victoriano del Rio. Un cartel qui a amplement tenu ses promesses.

Reseña et photos : Jean-Michel Dussol.