Vauvert. 5 juillet (tarde). Triomphe de Manolo Vanegas.

Capture d’écran 2015-07-06 à 18.55.26Trois nations étaient aussi représentées dans cette novillada vespérale avec Lilian Ferrani pour la France, Manolo Vanegas pour le Vénézuela et Gines Marin pour l’Espagne.

Pour cette confrontation internationale, les organisateurs avaient choisi des novillos d’El Pilar, un élevage dit « de garantie » et qui n’a pas failli au label, avec des utreros au physiques plus que corrects pour une placita de troisième, point trop armés, un poil faiblards pour certains, nobles mais pas innocents. Bref, un cocktail propre au succès, lequel fut au rendez-vous.

Des trois novilleros, on pourra dire que deux ont joué le jeu, Lilian Ferrani et Manolo Vanegas, le troisième piqué au vif par le succès du second se réveillant un peu à la fin pour affirmer son statut de figura de la catégorie.

Capture d’écran 2015-07-06 à 18.47.35Lilian Ferrani accueillit son premier de rodillas a porta gayola, une suerte qui aurait pu lui coûter une cogida sans un écart judicieux au moment opportun. Suivirent quelques véroniques avant deux rencontres au cheval pour la forme. Début de faena par alternance de passes hautes et de passes cambiadas, puis une faena de style classique alternant les deux bords, ornementée de détails de bon goût, un changement de main par ci, une trincherilla par là, pour finir par les traditionnelles circulaires inversées que tous les toreros ont dans leur registre. Heureusement Lilian n’en abusa pas. Faena propre qui sans attendre les sommets se révéla relativement agréable à suivre. Entière contraire et oreille.

Capture d’écran 2015-07-06 à 18.51.26L’imposant quatrième fut reçu par correctes véroniques et ne fut pas plus châtié que le premier, le premier fer étant cependant enfoncé en arrière du point d’impact normal. Nouvelle faena ambidextre de l’arlésien avec cette fois un manque de liaison entre les passes, le garçon se voyant dans l’obligation de solliciter davantage l’animal. Petit épisode de tension avec Lilian qui chuta devant le Pilar et se fit bousculer, heureusement sans mal. Demi-lame, nouvelle chute et re-bousculade, toujours sans mal. San Fermin à l’honneur tras los montes devait avoir un oeil vers chez nous. Entière en place et petite pétition non validée par le palco. Vuelta.

Capture d’écran 2015-07-06 à 18.49.29Manolo Vanegas n’a rien perdu de son envie et on aurait pu penser qu’à une semaine de se présenter à Madrid, il aurait joué la prudence. Il n’en fut rien et c’est tout à son honneur. Le second jetait les pattes dans le capote. Le garçon réussit cependant à placer quelques estimables véroniques et demie avant de le conduire vers le lancier pour deux rations de fer, la première prise en poussant. Après un quite de Gines Marin par chicuelinas et larga auquel il répondit par faroles et demie, Manolo prit les banderilles pour deux bons poder a poder et un violin. Cité de loin, le bicho vint avec fijeza et noblesse dans la toile du vénézuélien qui alterna les deux pitones avec beaucoup d’alegria. Désarmé par excès d’enthousiasme, il reprit les trastos et s’essaya aux luquecinas sans vraiment y parvenir. Deux pinchazos en rentrant droit, puis un estoconazo foudroyant et oreille de ley.

Capture d’écran 2015-07-06 à 18.52.50Le meilleur restait à venir. Début par correctes véroniques, puis deux piques, la première en mettant les reins, la secon,de de moindre intensité en venant de loin. Bon boulot à nouveau au second tiers avec deux poder a poder et un violin, et une course devant les cornes façon El Fandi jusqu’à l’arrêt du bicho. La faena ambidextre, débutée comme souvent tambour battant, baissa progressivement de rythme pour devenir douce et templée. Pourquoi ? Parce que Manolo s’était accordée avec la musique, l’excellente Peña Al Violin de Samadet s’étant mise à interprêter le « Deguello », un air qui ne supporte pas la précipitation et qui eut pour effet d’adoucir les gestes du garçon que l’on vit pour la première fois toréer tout en douceur. Un moment d’une intensité rare qu’il faut ranger dans le tiroir aux souvenirs. Grosse entière en rentrant droit après un pinchazo (de verdad lui aussi) et deux oreilles pour le garçon auquel on souhaite de transformer l’essai dans huit jours.

Capture d’écran 2015-07-06 à 18.50.30Et Gines Marin dans tout ça ? Face au troisième, il signa quelques jolies véroniques de réception clôturées par une belle demie avant deux piques traseras où le cheval eut du mal à garder son équilibre. Initiée par passes hautes vers le centre, la faena ne put vraiment prendre corps du fait d’un bicho qui chargeait court en cabécéant. Le garçon tenta d’allonger la charge, y parvint par moments mais sans donner l’intensité nécessaire pour faire décoller son travail. Entière contraire pour la conclusion. Silence.

Capture d’écran 2015-07-06 à 18.53.40Piqué au vif par le suxxès de Manolo, Gines Marin voulut montrer qu’il était là. Après quelques véroniques pour gagner le centre, il fit piquer modérément son Pilar, puis prit en mains son novillo pour une série d’ouverture clôturée par deux desprecios du plus bel effet. Il templa ensuite les bonnes charges de son opposant, signant quelques jolis détails dont une paire de trincherillas de cartel. On eut cependant souhaité un peu plus d’engagement comme dans ces quelques naturelles de face pieds joints. Ceci dit les naturelles comme les derechazos furent de bonne facture, Marin courant parfaitement la main. Final encimista avant une entière en place et oreille. Sans trop forcer, Gines Marin avait montré que sa place à l’escalafon novilleril n’était pas usurpée.

Mais quand on voit l’enthousiasme de Manolo Vanegas, on ne peut qu’être satisfait de voir qu’il existe encore des novilleros qui ont cet esprit et n’ont pas la tête qui enfle au moindre succès. Ne change pas, Manolo ! Enhorabuena !

Capture d’écran 2015-07-06 à 18.55.06C’est tout naturellement que Manolo Vanegas se vit attribuer le premier Trophée Manzanares.

Reseña et photos : Paco.