Vauvert. 4 juillet. Les novillos au-dessus des novilleros.

Capture d’écran 2015-07-05 à 09.04.21Trois novillos de Barcelo et trois novillos de Durand étaient opposés hier à une terna franco-espagnole composée de Miguel Angel Pacheco de l’école taurine de Gibraltar et des français Pierre Mailhan (Arles) et Tomas Ubeda (Nîmes).

Côté novillos, deux des trois Barcelo ont fonctionné et permettaient. Les trois Durand, quant à eux, affichèrent de la race, de l’alegria, mirent la tête dans les étoffes et demandaient à être bien lidiés. Ce ne fut hélas souvent pas le cas.

Capture d’écran 2015-07-05 à 08.56.42Face au premier Barcelo, Miguel Angel Pacheco signa quelques véroniques sans grande consistance avant de laisser place à Pierre Mailhan pour trois navarras et un farol. Bien initiée par passes hautes vers le centre, la faena prit corps sur quelques séries droitières où le novillero petit à petit se confia. Peut-être trop sûr de lui, il prit la gauche et fit une spectaculaire voltereta sur la deuxième naturelle. Il revint sur la corne droite mais la confiance n’était plus là. Après quelques statuaires et un desprecio, il prit l’épée et dut s’y reprendre à cinq fois pour liquider son opposant d’une entière contraire latérale. Silence.

Capture d’écran 2015-07-05 à 09.00.47RAS au capote face au Durand sorti en quatrième position. Pierre Mailhan lui montra le maniement du capote en cinq lopecinas et revolera. Muleta en mains, le garçon se confia une nouvelle fois sur les premières séries droitières jusqu’à ce que le novillo lui fasse faire une voltereta spectaculaire. La suite fut une succession de séries ambidextres sans grande portée sur le Durand qui le bouscula une nouvelle fois, montrant qui était vraiment le patron. Séance de toreo encimista pour le final et une entière contraire au troisième assaut après quelques statuaires. Oreille pour le déplacement.

Capture d’écran 2015-07-05 à 08.58.06Pierre Mailhan est un garçon qui a de la volonté mais qui est très brouillon en piste. On dira qu’il torée à la « va comme je te pousse », fait beaucoup de passes sans réelle construction, et c’est au spectateur de trier dans tout ça. Face au Durand sorti en seconde position, un vrai caviar pour le torero, il signa quelques véroniques moyennes, laissant ensuite Tomas Ubeda s’échauffer par larga de rodillas, chicuelinas et revolera. Pierre assura ensuite le second tiers avec un poder a poder, un quiebro et un nouveau poder a poder réussi à la troisième tentative. Face à ce novillo noble, plein d’alegria, qui prenait le leurre tête basse et qui demandait une lidia propre, l’arlésien  alterna les deux mains sans rendre au bicho tout ce qu’il lui donnait. Des occasions comme celle là ne se renouvelleront pas tous les jours. Le Durand resta donc inédit après une entière tendida portée au second assaut. Salut.

Capture d’écran 2015-07-05 à 09.01.46RAS au capote face au quinto de Barcelo et un quite de Tomas Ubeda par trois faroles et demie. Après deux poder a poder corrects et un quiebro distancié, Pierre prit la muleta pour des passes hautes de rodillas et une nouvelle faena brouillonne à l’identique de la première, à gauche comme à droite. Trois-quart atravesada, descabello et oreille … locale.

Capture d’écran 2015-07-05 à 08.59.30Tomas Ubeda est un garçon semble-t-il encore fragile, appliqué, mais pas très sûr de lui. Il accueillit son premier adversaire de Barcelo par quelques véroniques, chicuelinas et demie, le confia à Pacheco pour trois navarras brouillonnes  finissant désarmé, avant de revenir aux affaires pour un quite par trois chicuelinas et larga. Face à ce novillo mansote et distrait, imprévisible dans ses embestidas, il assura le second tiers par deux poses en poder a poder, puis dut composer avec le comportement désordonné du Barcelo que seul un novillero vraiment expérimenté aurait pu lidier. Pinchazo dans le cou, entière contraire atravesada perçante, deux descabellos. Silence.

Capture d’écran 2015-07-05 à 09.02.45Le sixième de Durand était un autre bon novillo, plus réservé dans ses charges mais noble sur les deux bords, un bicho qui se livrait avec force lorsqu’il chargeait. Accueilli par quelques véroniques et demie, le novillo vint aussi dans un quite par véroniques et serpezntina avant d’être banderillé par le pensionnaire du CFT en cuarteo, poder a poder et quiebro. Brindée à Philippe Cuillé, la faena ambidextre fut de correcte facture sans atteindre le niveau qu’aurait mérité pareil opposant, et surtout elle fut beaucoup trop longue. Mise à mort en deux temps. Oreille pour la volonté.

Le prix au meilleur novillero revint à Tomas Ubeda. On aurait aussi bien pu ne pas le donner.

Reseña et photos : Paco.