Rieumes. 28 juin (tarde). Ruiz Muñoz et Galdos triomphent.

Capture d’écran 2015-06-29 à 06.47.16Arènes pratiquement complètes, un soleil écrasant et violent. 33 degrés, deux heures vingt de spectacle.

Six novillos de « Toros de la Plata » remarquablement présentés et lourds. Tous une pique. Sans grande difficultés à la muleta et permettant énormément. On peut leur reprocher de manquer d’un peu de fiereza et d’alegria, mais au final un lot excellent, même si certains avaient une fâcheuse tendance à s’éteindre un peu trop vite.

  • Louis Husson, (rouge et or), au premier, une entière, salut ; au quatrième, une entière applaudissements.
  • José Ruiz Muñoz (havane foncé et or) au deuxième, une entière, une oreille ; au cinquième, une entière, une oreille. Novillo brindé à Yves Samyn.
  • Joaquim Galdos ( rose orangé et or), au troisième, une demi-lame et une entière, une oreille ; au dernier, un pinchazo, une entière, une oreille. Toro brindé à Stéphane Fernandez Meca, Richard Milian, Julien Dusseing.

Au cinquième toro les banderillero Rafael Cañada a été blessé de deux coups de corne dans la fesse gauche et au haut de la cuisse. Deux trajectoires dont l’une n’a pu être explorée totalement et qui a nécessité son admission dans un hôpital toulousain.

Les anti taurins qui ont été jusqu’à près de 500 ne sont jamais parvenus aux abords des arènes et du campo de feria. Rien à déplorer.

Capture d’écran 2015-06-29 à 06.46.43Cette course fut celle des artistes… ou de l’artiste, José Ruiz Muñoz qui par instant a transfiguré toutes les passes qu’il a dessinées. Comment rester insensible, au second toro, à cette série de naturelles dont chaque figure était rématée par un petit coup de poignet, un geste infime, à peine descriptible mais qui donnait toute son importance au moment. José Ruiz Muñoz, imperturbable, figé dans une immobilité irréelle, citait le toro et le regardait s’engouffrer dans les plis de sa muleta. Une image que ne renierait pas le peintre Escacena. José Ruiz Muñoz apporte une dimension nouvelle à sa tauromùachie. Une dimension que son oncle (Curro Romero) a fait sienne. Chaque fois le garçon a ému les tendidos. Il a prouvé qu’il était artiste mais qu’il savait aussi monter sur les cornes de son adversaire et se battre. Mais dès que la bête devient plus suave, son toreo atteint une autre dimension.

Cette maîtrise ne l’a pas empêché de se faire solidement châtier par son second toro, une fois l’épée enfoncé jusqu’à la garde… Il fut piétiné et beaucoup plus encore par son second adversaire et s’est relevé, pratiquement déshabillé.

Capture d’écran 2015-06-29 à 06.46.15Deuxième grand personnage de cette course, Joaquim Galdos. Le péruvien a toujours été présent. Combattif, mais toujours sans vulgarité, il n’oublie pas davantage que la tauromachie est un moment artistique . Avec le dernier toro il a atteint quelques sommets de temple et d’harmonie, comme s’il avait été piqué par Ruiz Muñoz. Galdos a beaucoup apporté à ce dernier toro. Il en a fait un énorme novillo, parce qu’il a su traiter chaque passe, surtout celles de gauche, avec beaucoup de suavité et de lenteur. Joaquim Galdos nous a montré qu’il savait être énorme, là où on ne l’attendait pas.

Capture d’écran 2015-06-29 à 06.46.30Dans ce concert d’harmonie, et d’art, Louis Husson, auquel il n’y a rien à reprocher est demeuré un peu en-dessous de ces deux compagnons de cartels. Dimanche à Rieumes il fallait atteindre à l’autre dimension de la tauromachie.

Reseña et photos : Jean-Michel Dussol.