Istres. 19 juin. Peu de toros et beaucoup de vent.

PAC_6916Décevante ouverture hier pour cette Feria d’Istres avec des toros de Victorino Martin pointant aux abonnés absents et des toreros dépourvus de matière première et qui durent composer avec de grosses rafales de vent.

A l’arrivée beaucoup d’ennui et peu d’émotion, bref une corrida à vite oublier.

Les toros de Victorino Martin composaient un lot de trois et trois, les trois premiers de volume correct mais vilains d’armures, les trois suivants de plus belle conformation, le quinto le plus typé du lot.

PAC_6769Le premier de Juan Bautista visita la piste avant d’être fixé près des planches et mené au centre pour demie de clôture. Après deux piques de faible intensité, Fandiño tenta un quite que les rafales de vent réduisirent à néant avant de laisser le bicho dans les mains expertes de Jean-Baptiste qui, malgré son métier, ne put rien tirer de ce « Portero » aux cornes chercheuses et aux demi-tours brusques. Visiblement pas en confiance (comment aurait-il pu l’être ?), l’arlésien s’en défit d’une entière contraire au troisième assaut. Silence pour le piéton et sifflets à l’arrastre.

PAC_6845Juste fixé au capote, le troisième prit deux piques, le seconde après jet du castoreño par le picador pour citer le toro. Bien doublé près des planches, l’animal qui semblait mieux voir de l’oeil gauche que du droit, prit correctement la muleta lors des premiers derechazos, puis commença à peser sur le torero. Juan Bautista poursuivit sur la même corne, puis tenta sans succès le bord opposé. Après bref retour à droite, il mit fin à la vie publique de l’animal d’une trois-quart latérale traserita et tendida. Palmas.

PAC_6908La réception du quinto se fit toujours sous les caprices d’Eole avant mise en suerte au cheval par chicuelinas al paso et demie. « Bonbonero » fut le seul toro à manifester un bon fond de caste en s’élançant trois fois de loin vers le cheval, la troisième rencontre se faisant au regaton. Paco Maria sortit sous les applaudissements, même traitement pour Morenito d’Arles auteur d’une belle troisième pose de banderilles. Jean-Baptiste dut ensuite composer avec les charges inégales de son opposant pour dessiner une faena droitière de bonne facture mais sans liaison ni transmission. Après trois-quart tendida a recibir et descabello façon Roberto Dominguez, l’arlésien reçut la seule oreille (un peu généreuse) de la tarde.

PAC_6819On doit à Ivan Fandiño les seules véroniques de la tarde. Face au second d’abord qu’il reçut ainsi près des planches, concluant sur belle demie, avant de le mener joliment vers le picador pour deux rations de fer, trasera la deuxième. Duel de quite ensuite entre les deux toreros, Juan Bautista intervenant par trois chicuelinas et revolera, Fandiño répliquant par trois véroniques, chicuelina et demie. Brindée au public, la faena aurait pu ne pas avoir lieu, Fandiño, après les premiers derechazos, chutant devant le mufle du bicho qui ne bougea heureusement pas. Ce « Vencedor » fut le seul à mettre correctement la tête dans la muleta sur la corne droite. Hélas ses charges templées bien trop courtes ne permirent pas au torero d’Orduña d’exploiter à fond ce merveilleux piton droit. Moins évidente fut la corne gauche, le Victorino ayant tendance à se retourner très vite. Deux pinchazos, avis, trois-quart tendida complétée par trois descabellos. Salut au tiers.

PAC_6864« Mecedor » sorti en quatrième position fut accueilli par deux largas cambiadas afaroladas de rodillas près des planches suivies de quelques bonnes véroniques et demie. Après deux piques pompées, Fandiño tenta de tirer des muletazos à cet animal qui virait court sur les deux bords. Après des derechazos isolés de correcte facture et des naturelles chiffonnées, le garçon envoya son adversaire ad patres d’un tiers de lame au troisième assaut nécessitant deux descabellos. Silence.

PAC_6920Le dernier bicho de la course fut à l’image du premier. Légère et unique ration de fer après quelques véroniques et demiepour ce « Murallon » bronco et sans charge, tobillero de surcroit. Après des tentatives ambidextres, Fandiño comprit qu’i était inutile d’insister. Entière après deux pinchazos. Silence.

Paco Maria reçut le prix Jacques Monnier attribué au meilleur picador.

(Le soleil de face et rasant n’a pas permis d’avoir des photos de très bonne qualité)

Reseña et photos : Paco.