Captieux. 7 juin. Le nouveau triomphe d’Andrés Roca Rey.

unnamedTempérature éttouffante, 36°, soleil brûlant sans le moindre courant d’air, deux heures vingt de spectacle. Six novillos de « El Pilar », remarquablement présentés et plutôt lourds, tous une pique, certains malmenant la cavalerie, toujours toréables à la muleta, le dernier récompensé d’un tour de piste, pour lui-même et l’ensemble du lot. A ne pas oublier le cinquième, un très grand toro.

  • Lilian Ferrani (bleu pétard et or), au premier, une entière, silence ; au quatrième, deux pinchazos, une entière, silence.
  • Louis Husson (rouge et or), au deuxième, deux pinchazos et une entière, silence ; au cinquième, deux entières, trois descabellos, salut.
  • Andrés Roca Rey (violet et or), au troisième, une entière, deux oreilles ; au dernier, une entière et un dscabello, une oreille

Andrés Roca Rey n’a pas menti sur ses intentions de triomphe… Pour la deuxième année consécutive le garçon repart de Captieux avec trois oreilles en poche. Il a très largement dominé cette novillada, laissant loin derrière lui, tant Lillian Ferrani que Louis Husson. Andrès Roca Rey, le jeune Péruvien n’est-il pas en train de devenir la référence du futur en tauromachie. Dimanche il a impulsé un souffle de conquête sur cette course. Si nous avons été privé des « Tajo y La Reina » pour des motifs sanitaires de dernière heure… La permutation avec six novillos de « El Pilar » fut plus que satisfaisante. Une grande course, très mobile, agressive au cheval, toujours présente et répondant à la moindre sollicitation.

Aussi, quand Andrés Roca Rey entre en piste un souffle différent balaie le ruedo. Quelques passes de capes, dont des véroniques interminables et c’est le délire dans les gradins… Le garçon ne laisse pas passer un excellent novillo et très vite, il se régale sur la main gauche, à croire qu’il se met à rêver et semble s’endormir sur cette main qu’il ne laissera qu’avec regret lorsqu’il faudra tuer… Au-delà du temple Roca Rey dégage beaucoup d’harmonie et un rythme très lent qui ressemble à une poésie. Même lorsqu’il revient à droite le charme n’est pas rompu. Le coup d’épée est fulgurant. La novillada de « El Pilar » entre dans les annales de Captieux.

Par la suite, Andrès Roca Rey va montrer une autre facette de sa tauromachie… Soudainement le gamin se prend au jeu de la cape, impossible de résister à un tel appel et en quelques véroniques et une ou deux gaoneras il est rapidement « hénorme »… Le temps qu’un cheval soit bousculé et se relève, Andrès brinde à Thomas Dufau et rapidement nous ouvre les portes du rêve… L’animal boit la muleta, un ballet incessant, on est dans la perfection à l’état pur avec ces derechazos interminables, ponctués de quelques séries de naturelles qui semblent virevolter devant le nez du novillo. Un moment irremplaçable. Dans les tribunes, Moïses Fraile doit savourer ces instants… et pleurer de joie lorsque la dépouille de ce magnifique combattant est honorée d’un tour d’honneur posthume. L’épée que posera Roca Rey est un peu longue d’effet, il doit la souligner d’un descabello, une seule oreille. Mais pour tous les aficionados ce fut la faena de la course.

Une telle réussite ne doit pas nous faire oublier Lilian Ferrani qui après quelques difficultés avec son premier manifesta beaucoup d’aisance ensuite. Sur les deux mains il a toréé avec beaucoup de classe et fut sûrement parfait avec la main gauche. Trahi à l’épée il perd un trophée qu’il avait largement mérité.

C’est un peu la même histoire répété en double que raconte Louis Husson. Avec son premier de petite charge, il sait lui donner une belle ampleur et beaucoup de présence, plus qu’il n’en avait réellement. Avec le second, sur la main droite qui laisse le chiffon rouge à sa jumelle dans une sorte de sortilège, Louis est très à l’aise et une fois encore la mise à mort le prive de trophées mérités.

Inattendue, la novillada du Pilar aura surpris tout le monde par ses immenses qualités… Roca Rey a triomphé ce n’est pas une vraie surprise, Ferrani et Husson ont aussi montré des qualités qui leur permettait une telle réussite. Mais être matador, on ne le répètera jamais assez, c’est tuer.

Reseña : Jean-Michel Dussol. Photos : Marc Vargas.

Le prix de la meilleure pique est décerné à Nicolas Mathias de la cuadrilla de Louis Husson. Le prix à la meilleure cuadrilla revient à la cuadrilla de Andrés Roca Rey.