Boujan. 6 juin. Joaquin Galdos le plus en vue.

PAC_6483Autour de deux tiers d’arène pour cette première novillada piquée de la Feria du novillo de Boujan pour voir en piste trois des novilleros les plus intéressants du moment dont les deux péruviens Andrés Roca Rey et Joaquin Galdos qui grimpent à l’escalafon novilleril.

Autre curiosité du jour, les novillos de Partido de Resina (ex Pablo Romero) qui après des décennies de succès peinent à refaire surface. Le lot du jour, peu dans le type de la ganaderia à deux exceptions près, peut donner quelques espoirs au ganadero sans pour autant qu’il se croit arrivé, car si les novillos collaborèrent dans l’ensemble, ils manquèrent de race et donnèrent bien peu d’émotion. Un parcours ganadero à suivre …

PAC_6280Manolo Vanegas, sur la lancée des trois oreilles coupées il y a peu près de Madrid (Sotillo de la Adrada), était attendu. C’est un novillero courageux, techniquement un peu juste et compensant son manque d’expérience par un coeur énorme. Mais pour se mettre en évidence, il lui faut des adversaires qui bougent. Ce ne fut pas le cas du premier Partido de petit gabarit et plutôt faiblard qui dut être ménagé en un unique picotazo. Après l’avoir accueilli par quelques véroniques, le jeune vénézuélien le banderilla en deux poder a poder et sesgo por fuera. Le garçon dut ensuite composer avec les forces justes de son opposant pour dessiner une faena ambidextre de correctes composition et exécution mais ne dégageant guère d’émotion. Des longueurs avec les aciers (deux pinchazos, trois-quart atravesada, quatre descabellos) et palmitas d’encouragement.

PAC_6415Le quatrième, accueilli par deux largas et quelques véroniques pieds joints, se blessa peu après son entrée en piste, prit une petite pique et finit invalide. Il fut remplacé par un Margé muy bajito et très vif qui fut le seul à mettre un peu d’émotion en piste. Après quelques capotazos sur le voyage, Manolo le fit piquer par deux fois, la seconde rencontre symbolique. Quite brouillon de Roca Rey et un second tiers mouvementé où Vanegas, après un poder a poder, prit les deux autres paires de banderilles pour les clouer dans la foulée. Grosse voltereta du garçon qui après un violin cloua la seconde paire dans le berceau sans pouvoir se dégager à temps. Heureusement plus de peur que de mal. Débutée par un cambio por la espalda où l’accrochage fut évité de justesse, la faena ambidextre  connut des hauts et des bas, chacun des opposants se rendant à tour de rôle maître du terrain de l’autre. Manoletinas serrées pour la conclusion suivies d’une entière trasera qui mit fin au débat. Vuelta.

PAC_6307Andrés Roca Rey a déçu les aficionados par manque d’une réelle implication. Le garçon a toréé correctement mais en restant assez superficiel. Il s’impliqua peu dans la réception de son premier Partido (le capote ne semble pas être son fort) qui prit ensuite deux rations de fer sans mise en suerte, poussant un peu sur la première. Duel de quite ensuite, Galdos par deux parones et revolera, Roca Rey répliquant par deux chicuelinas et revolera. De parcours réduit en début de faena puis tardo et parado par la suite, ce second utrero fut toréé au ralenti sur les deux bords sans que jamais ne passe la moindre émotion. On comprendra donc la bronca adressée au palco pour avoir accordé une oreille au garçon après une entière caidita et tendida.

PAC_6444Le quinto, abanto de salida, prit quelques capotazos sur le voyage avant une unique pique et un quite du titulaire par gaoneras. Débutée par statuaires, la faena resta dans les tons neutres, Roca Rey toréant proprement mais sans toucher les gradins. Il faut dire que le Partido, plutôt fade, ne l’aida pas à faire passer la moindre émotion. Bousculé sans conséquence une paire de fois par excès de confiance, le jeune péruvien se défit de son adversaire d’une entière caida au troisième assaut. Palmas.

PAC_6331Le torero le plus puesto du jour fut sans aucun doute l’autre péruvien, Joaquin Galdos. Malgré un engagement à S »ville le lendemain, il joua le jeu et c’est tout à son honneur. Il sut ainsi capter son premier adversaire et le fixer dans son capote avant de le mener vers son picador pour deux courtes rations de fer. Manolo Vanegas venu faire un quite se fit surprendre par le novillo. Légèrement bousculé, il parvint tout de même à dessiner deux chicuelinas et une revolera. Brindée au public, la faena ambidextre fut toute de sincérité et de dextérité, le garçon courant la main sur de bonnes séries de muletazos très appréciées du public. Les changements de main furent harmonieux, les trincherillas bienvenues et les pechos caressèrent le bicho des pitones au rabo. Joli final par aidées par le haut avant une entière delanterita et caidita complétée par deux descabellos. Oreille de poids.

PAC_6467RAS au capote au sixième avant deux pique sans mise en suerte , la première devant le toril en levant le cheval. Bien doublé en début de faena, le dernier Partido du jour fut bien toréé à droite, le garçon y courant parfaitement la main. Le passage à gauche fut plus hésitant, les naturelles prudentes dans un premier temps prenant par la suite plus de consistance. Une voltereta sans conséquences (pas de cornada mais petite boiterie) précéda une mise à mort en deux temps par metisaca dans le sous-sol et entière traserita. Vuelta.

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Un peu plus de deux heures trente de course sous une chaleur étouffante.

Prix au meilleur novillero pour Joaquin Galdos.

Prix au meilleur picador pour José Manuel Quinta (photo) de la cuadrilla de Roca Rey.

Reseña et photos : Paco.

Ci-dessous la séquence de l’impressionnante voltereta de Manolo Vanegas au quatrième novillo.