Las Ventas. 14 mai. Oreille et grave blessure pour Jimenez Fortes.

Capture d’écran 2015-05-15 à 10.25.31Las Ventas a connu hier le drame de la blessure, une composante du spectacle que l’on oublie trop souvent tant le ballet semble prendre le pas sur le combat.

Mais les toros, si faciles qu’ils soient ou paraissent souvent, peuvent engendrer le drame, et c’est ce qui s’est produit hier dans la première arène du monde. Le torero malagueño Saul Jimenez Fortes avait entamé sa tarde en coupant une oreille du troisième toro, un bicho de Salvador Domecq plutôt fade qu’il avait accueilli a porta gayola puis dont il avait brindé la mort à son compagnon David Mora toujours convalescent de la grave cornada subie en ces lieux lors de la dernière temporada. Faena solide de Fortes qui sut accompagner les charges incertaines de son adversaire avec beaucoup de maîtrise jusqu’aux manoletinas finales très serrées qui firent passer le frisson dans les gradins. L’estocade trasera fit tomber le seul trophée de la tarde.

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Le sixième, tout aussi fade, mit en évidence la soif de triompher du garçon qui l’accueillit a porta gayola, se relevant ensuite pour dessiner véroniques et chicuelinas. La première tanda droitière passée, Fortes changea de main pour tester la corne gauche, et vint le drame. Le toro lança un violent derrote et la corne entra dans le cou du torero où elle occasionna d’importants dégâts (deux trajectoires de 10 et 15 cm avec notamment lésion de la veine jugulaire et de l’artère carotide heureusement sans ruptures. Pronostic très grave). Le garçon se remit sur pieds avant d’être transporté à l’infirmerie où il fut opéré avant d’être transféré à la clinique San Francisco de Asís. Sauf complications, les jours de Jimenez Fortes ne seraient pas en danger. Uceda Leal se chargea d’expédier l’animal.

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La corrida avait commencé par la lidia d’un toro de Fidel San Roman qui complétait le lot de Salvador Domecq. Uceda Leal dut composer avec un toro fade et décasté, manso de surcroit, peu aidé dans sa tâche par un vent soufflant en rafales. Le torero n’eut d’autre solution que mettre fin au débat. Silence après une bonne lame.

Le quatrième ne fut pas d’un meilleur niveau. Fade, de charge décomposée, il chargeait tête haute sans s’employer et sur la défensive. Difficile de briller avec une telle opposition. Beaucoup de muletazos sans consistance et des complications avec les aciers firent que le garçon se retira sous les sifflets.

Diego Silveti réapparaissait après la cornada subie à Aguascalientes. Son premier adversaire, mobile mais sans fond, ne le vit pas toréer a gusto. Le mexicain alla très vite chercher l’estoc pour laisser une estocade quasi-entière. Silence.

Le quinto ne le vit pas plus en confiance lors d’une longue faena qui ne décolla jamais. On retiendra un quite par tafalleras et gaoneras répondant à un quite à l’identique de Fortes. Echec avec l’épée et nouveau silence.

(Photos : Fran Jimenez)