Arles. 5 avril (tarde). Corrida hivernale.

PAC_2549Les aficionados qui sont restés jusqu’au bout de la corrida hier ont éprouvé leur aficion à la morsure d’un mistral hivernal qui devait apporter un ressenti autour des cinq à six degrés. 

L’ambiance dans le ruedo ne fut pas des plus chaudes non plus, ceci expliquant peut-être cela, et seul Sébastien Castella parvint à décrocher un trophée au cours de cette tarde hivernale. Les toros de Montalvo, bien présentés, furent quant à eux nobles, avec un bon fond de caste pour une bonne moitié qui poussa au cheval, mais tous péchèrent par leur manque de durée.

PAC_2346Tout commença par la lidia à cheval d’un bicho de Murube qui fit son boulot face à Manuel Manzanares, chargeant avec promptitude la monture mais ne s’y fixant pas au final. Le fils du grand Manza cloua de face en se montrant deux rejons de châtiment, signa quelques bons quiebros aux banderilles, templant bien son opposant lors de quelques poursuites en appuyers au galop. Trasteo relativement sobre terminé par la pose de trois courtes, rejon de muette en place. Oreille.

PAC_2418Sébastien Castella, gêné par le vent, ne put s’exprimer lors de la réception au capote du premier et se rattrapa lors d’un joli quite par chicuelinas entre deux correctes rations de fer. Intervention au quite ensuite de Fandiño, lui aussi par chicuelinas et cordobina. Débutée par passes hautes, la faena fut propre sur les deux bords mais manqua de transmission du fait de la perte de moyens du Montalvo. Entière rinconera. Salut au tiers.

PAC_2543Du fait du vent, les véroniques de réception face au quinto manquèrent de leur douceur habituelle. Après deux piques où le toro leva le cheval puis poussa, c’est assis sur l’estribo que Sébastien entama une faena ambidextre où sa maîtrise et son sens du temple s’affichèrent avec une parfaite évidence. C’est comme souvent dans les cornes qu’il dessina les dernières séries, variant les passes et s’enroulant le Montalvo à la ceinture. Quasi-entière latérale et tendida pour finir. Oreille.

PAC_2465Ivan Fandiño était concentré. On sentait qu’il voulait prouver qu’il fallait encore compter avec lui après son solo malheureux du week-end précédent. Lui aussi gêné par le vent au capote, il parvint tout de même à dessiner d’estimables véroniques. Après les deux rencontres règlementaires, Luque intervint au quite par farol, gaoneras et revolera. Plus mobile que le premier, ce second Montalvo de la tarde permit au torero d’Orduña, très appliqué, de dessiner quelques bonnes tandas agrémentées de quelques fioritures (desprecios, changements de main) sur chaque corne avant que l’animal ne baisse de ton. Entière caidita longue d’effet après bernadinas finales. Salut au tiers.

PAC_2560La faena ambidextre face à son second fut propre mais sans grande transmission, le froid gelant aussi l’ambiance. Point n’est besoin d’entrer dans les détails d’un trasteo qui s’acheva comme le précédent par un salut au tiers après une lame caida.

PAC_2495Le vent empêcha Daniel Luque de s’exprimer aussi pleinement que d’habitude au capote. Face à son premier, il réalisa une courte faena non dénuée d’intérêt mais sans transmission du fait du manque de présence de son opposant qui réduisit très vite ses charges. Silence après une lame quasi-entière correctement positionnée.

PAC_2584Les gradins en mal de chaleur s’animèrent au dernier de la course, le public ressentant le besoin de se réchauffer et de réchauffer l’ambiance glaciale. Après deux piques prises en poussant, le bicho fut donc embarqué dans une faena qui évolua a mas. Luque dans un pouce de terrain signa un début stoïque par passes hautes, puis tira deux ou trois tandas au tracé impeccable avant que les forces du bicho ne déclinent. Le torero de Gerena s’accrocha et parvint à tirer encore quelques bons muletazos, un ensemble qui aurait pu se voir crédité d’une oreille si l’acier n’avait pas fait défaut. Lame perçante après pinchazo, quatre descabellos. Silence.

Reseña et photos : Paco.