Arles. 4 avril (tarde). Triomphe de Juan Bautista et José Maria Manzanares.

150304JS ARLES_Triomphe_JB_Manza_008_IMG_2962La corrida de ce samedi était l’une des plus attendues avec la présence de l’enfant du pays, Juan Bautista, et celle de José Maria Manzanares venu rendre hommage à son père trop tôt disparu face à des toros dits « de garantie », ceux de Domingo Hernandez.

On attendait donc des bichos plutôt collaborateurs, mais ce ne fut pas toujours le cas, et il fallut tout le métier des deux triomphateurs du jour pour que le spectacle atteigne parfois des sommets.

PAC_2064Finito de Cordoba semblait ce jour décidé. Face au premier qui faillit sauter au callejon, il fut correct au capote, puis après les deux piques règlementaires (courtes et pompée la première, plus lourde la suivante) et un quite de Juan Bautista par chicuelinas et larga, il entreprit sa faena par passes hautes, main sur les planches. Les séries droitières qui suivirent, main basse, furent esthétiques faute d’être profondes, le torero liant les muletazos sur le voyage. A gauche, les passes furent du même tonneau à quelques exceptions près, le torero ne faisant quasiment jamais dérailler le train. Ne parlons pas du final où le garçon prit les boulevards extérieurs pour tenter d’enfoncer l’épée. Entière latérale et trasera au cinquième assaut, deux descabellos. Silence.

PAC_2165Les véroniques de réception au quatrième furent de meilleur tracé et la demie élégante. Après deux moyennes rations de fer, le bicho fut embarqué dans une (trop) longue faena d’inégale intensité au cours de laquelle, comme c’est souvent le cas, on chercha les détails. Quelques bonnes tandas ressortirent d’un ensemble somme toute assez ennuyeux terminé d’une trois-quart caida après le deuxième avis. Silence.

PAC_2082C’est par deux largas cambiadas afaroladas de rodillas que Juan Bautista reçut son premier opposant, poursuivant ensuite sa réception par véroniques templées, demie et revolera. Hélas, après deux piques légères précédées d’une jolie mise en suerte par cordobinas, le toro perdit complètement ses moyens et s’affala au sol en permanence. L’arlésien tenta en vain de le maintenir sur ses aplombs avant de s’en défaire d’une entière en place précédée d’un metisaca. Silence.

PAC_2254 Le quinto fut heureusement plus costaud. Accueilli par véroniques genou plié et chicuelinas, il poussa sur la première pique et reprit ensuite une ration de fer plus légère. Il arriva au dernier tiers andarin et compliqua la tâche de Jean-Baptiste qui eut le pundonor de s’arrimer pour finalement tirer le meilleur d’un toro dont beaucoup se seraient vite débarrassés. Si à droite la construction fut laborieuse, le passage à gauche s’avéra décisif, le garçon construisant sa faena en améliorant méthodiquement son adversaire, lequel finit par se rendre aux arguments du torero. Un trasteo d’une technique consommée qui s’acheva par des luquesinas et un recibir au second essai déclenchant une grande pétition sur les étagères. Deux oreilles légitimes acquises à la force du poignet. Enhorabuena !

PAC_2271PAC_2134José Maria Manzanares, qui avait déjà signé de belles pages sur le sable arlésien, en a ajouté une supplémentaire. Appelé à saluer avant de recevoir son premier adversaire, il se lança ensuite dans son premier combat. Désarmé lors des véroniques d’accueil, il mena ensuite son opposant au cheval pour deux piques correctes, la première prise en poussant. C’est par doblones genou plié que débuta une faena qui s’étoffa très vite sur les premières séries droitières, puis qui prit une belle allure de croisière lors du changement de main, l’alicantin y prenant la pleine mesure d’un toro qui transmettait bien dans ses charges. Trasteo d’une belle esthétique conclu en deux temps d’une lame caida. Salut au tiers.

PAC_2288C’est face au sixième que le garçon donna la pleine mesure de son talent. Après quelques douces véroniques d’accueil et deux piques correctes, José Maria entama par trois séries droitières au cours desquelles il fut gêné par quelques rafales. Andarin comme le précédent, le bicho fut peu à peu ensorcelé par la muleta du garçon qui l’embarqua dans un toreo fait de courbes toutes plus belles les unes que les autres, le torero ne laissant jamais le bicho s’échapper de la toile magique, à droite comme à gauche.

150304JS ARLES_Triomphe_JB_Manza_001_IMG_2912 150304JS ARLES_Triomphe_JB_Manza_002_IMG_2916 150304JS ARLES_Triomphe_JB_Manza_003_IMG_2917Le final fut extraordinaire avec une estocade a recibir citée à une dizaine de mètres, l’alicantin recevant la charge avec un calme olympien pour laisser une demi-lame tendida efficace. Délire sur les gradins et un rabo conquis au final à la pointe de l’épée par un torero hors du commun.

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Reseña et photos : Paco.

(la batterie de mon appareil m’ayant lâché avant le final, les autres photos sont de l’ami Jiès – http://www.jies-arles.com)