Arles. 7 avril (tarde). Toros de Conde de Mayalde.

Tarde : Cinq toros du Conde de Mayalde et un sobrero d’Antonio Palla (4).

Ruiz Miguel : oreille et oreille.

Victor Mendez : oreille et salut au tiers.

El Fundi : salut au tiers et sifflets.

Joli lot du Conde de Mayalde, homogène, avec un beau trapio et des comportements divers. 1er faible, 2ème le meilleur, brave et noble, les 3ème, 5ème et 6ème compliqués. Le sobrero de Palla, plus petit que les Mayalde, se laissa faire.

La tarde commença par un hommage à El Fundi (mieux valait au début qu’à la fin …) qui se vit offrir une selle camarguaise après que sa carrière fût brièvement retracée au micro.

Ruiz Miguel a marqué de son charisme et de son professionnalisme toute la tarde. L’homme sait transmettre son plaisir de toréer et la connection avec les gradins est immédiate. A son premier Mayalde un peu faiblard il servit d’estimables véroniques et deux belles demies avant de le mener au cheval pour deux rencontres symboliques. Muleta en mains, le natif de San Fernando préserva le petit capital physique du bicho en une faena inégale qui connut quelques séquences de classe, montrant que sa tauromachie de combat d’autrefois pouvait laisser place à un toreo harmonieux lorsque les conditions étaient requises. On retiendra quelques lumineux derechazos, une paire de circulaires dominatrices avant que l’animal ne s’éteigne et se défende sans embestir. Entière caidita et première oreille.

Le beau quatrième se fit tordre d’entrée par de violents capotazos qui le rendirent invalide, ou qui aggravèrent un handicap pas évident d’entrée. Il fut donc renvoyé en chiquero et remplacé par un Palla abanto qui mit quelques temps à entrer dans le capote du vétéran pour quelques véroniques, trois demies et une rebolera. Après deux légères rencontres avec la cavalerie et un quite du Fundi par chicuelinas et rebolera, Ruiz Miguel entreprit de soumettre le Palla qui protestait un peu en début de trasteo. La faena fut relativement concise, mais quelquefois marginale en début sur le piton gauche. Deux tres en uno magistraux et quelques naturelles plus appuyées précédèrent une entière en place portée au second assaut. Longue résistance du Mayalde qui laissa finalement un pavillon dans l’affaire.

Victor Mendez dut calmer d’entrée les ardeurs du second qui cognait dans le capote, puis il l’emmena doucement vers le piquero par chicuelinas al paso. Après deux piques légères, le portugais commença par doubler le bicho par le bas avant de l’embarquer dans deux belles séries de derechazos rématées par trois molinetes et deux faroles. Victor changea de main dans le dos pour servir ensuite des naturelles dont l’esthétique fut gâchée par une position penchée pas très heureuse. Le Mayalde noble et répétant sans cesse permit à Mendès de terminer par deux bonnes séries de derechazos avant de loger une trois-quart tendida complétée d’un fulgurant descabello. Oreille.

Victor dut ensuite reprendre ses anciens réflexes de guerrier pour soumettre le quinto, un toro violent et compliqué qui demandait une lidia autoritaire. Après deux piques légères, le garçon commença par le doubler par le bas avant de travailler sur la corne droite par derechazos appuyés. Le passage à gauche fut moins évident, mais le torero à force de patience et de métier vint à bout de la résistance du bicho, non sans mal. Trois-quart delantera au troisième assaut, descabello fulgurant à nouveau et salut au tiers.

El Fundi tira en premier un toro compliqué qui se montra violent dans la capote, puis qui s’échappa plusieurs fois pour venir cogner dans le matelas en sortant seul trois fois sur cinq.  Fundi le doubla vers le centre, puis se montra marginal sur les premières séries de la droite. Il ne fit pas beaucoup mieux à gauche, toréant sur le voyage et souvent avec le pico. Il redressa la barre par moments, mais on ne parvint jamais à retrouver le grand lidiador qu’il fut, même si sa performance face à ce bicho qui se décomposa très vite peut être qualifiée d’honorable. Trois-quart tendida en place. Salut au tiers.

Le sixième compliqué aurait mérité de croiser la route d’un Fundi d’autrefois. Hélas il trouva sur sa route un José Pedro desconfiado qui trépigna et lui tourna autour sans arriver à le soumettre. D’où un ensemble très brouillon, jamais dominateur et qui s’acheva en fiasco avec l’acier, Fundi prenant les grands boulevards pour tuer. Trois-quart caida al encuentro, trois pinchazos en fuyant, et un bajonazo de gala pour terminer sous les sifflets. Triste pour le torero !

Sortie a hombros piour Ruiz Miguel porté par Mehdi Savalli.

Paco