Vergèze. 1er avril. Toros d’Hubert Yonnet.

Un lot de toros cinqueño (sauf le 2) d’Hubert (1, 2, 3) et Françoise Yonnet (4, 5, 6) de belle présentation, plus charpentés les trois derniers, tous avec des pattes et correctement armés. Le sixième prit trois vraies piques, les cinq autres deux, voire une troisième peu appuyée.

Guillermo Alban canalisa les charges du premier avec un certain métier, l’accueillant par correctes véroniques. Luis Gonzalez s’échauffa par véroniques et demie après les rencontres au cheval. L’équatorien prit ensuite sa muleta pour une faena ambidextre où il parvint par moments à trouver le bon tempo, arrivant à lier des muletazos sérieux et profonds. Mais  l’ensemble demeura un peu décousu. Le final à l’acier fut laborieux, le garçon pinchant à plusieurs reprises avant de loger une entière contraire. Silence.

Face au quatrième, le trasteo initial fut à l’identique. La faena, quant à elle, fut donnée en deux temps, une première partie où le torero testa alternativement un piton, puis l’autre, et une seconde où il sut adapter son travail au rythme de l’animal. Il se confia alors davantage lors de bonnes séries ambidextres enjolivées par un molinete par ci, une passe de las flores par là, sans abuser de ces fioritures. L’entière contraire après pinchazo fit tomber le seul pavillon de la tarde.

Luis Gonzalez est un garçon qui possède un certain bagage technique, qui torée correctement mais hélas transmet peu. Face au second de la tarde, il signa une bonne entame par véroniques et demie, puis un joli quite par chicuelinas. Muleta en mains, il toréa marginalement en début de faena, puis réduisit la distance, dessinant quelques derechazos et naturelles plus profonds. Après final par manoletinas, il compromit son travail en manquant d’engagement à l’épée portée en deux assauts. Palmitas.

Avec le quinto, il se confia dans une réception par bonnes véroniques, demie et rebolera, puis muleta en main se montra plus marginal que sincère face à ce Yonnet noble mais exigeant. Après une lame contraire, il se retira sous quelques applaudissements polis.

Jonathan Veyrunes n’avait rien à faire au cartel du jour. Desconfiado toute la tarde, il erra dans le ruedo à la recherche d’un sitio qu’il ne trouva jamais. Face au troisième, il se fit enfermer d’entrée au capote et dut sauter deux fois la barrière en catastrophe, laissant Morenito d’Arles aux commandes. Muleta en mains, ce ne fut que reculades et muletazos donnés sur le voyage.

Il gâcha le bon sixième, tentant de le toréer sous les conseils avisés de David Romero, mais décidément, c’était trop pour lui. Un torero plus puesto aurait coupé deux oreilles à ce beau Yonnet, brave en trois rencontres et noble sans concession par la suite.

Belle ovation finale pour Hubert et Françoise Yonnet.

Prix au meilleur torero pour Guillermo Alban.

Prix au meilleur picador pour Gabin Rehabi (je l’aurais pour ma part plutôt attribué à Olivier Riboulet).

Paco