CÉRET. 10 JUILLET (TARDE). GRANDE COURSE D’ESCOLAR ET CASTAÑO DANS UN BON MOMENT
CÉRET. 10 JUILLET (TARDE). GRANDE COURSE D’ESCOLAR ET CASTAÑO DANS UN BON MOMENT
La corrida d’Escolar Gil de 2010 avait été d’un très bon niveau (elle avait d’ailleurs reçu le prix de la meilleure corrida lidiée dans le sud-est de la France), celle de 2011 à une exception près n’a rien à lui envier. Des toros armés, solides, encastés, des toros quoi, des vrais ... Une corrida qui vous conforte dans vos idées, et vous fait oublier les moutons pour vedettes. Il est réconfortant de voir qu’il reste encore des toros comme ça au campo ! Pourvu que ça dure !
Fernando Robleño a une grande place dans le coeur des aficionados qui viennent à Céret, à juste titre d’ailleurs ! Il a un peu pris la place laissé vacante par Luis Francisco Espla, même si personne n’oublie le Maestro d’Alicante. Face au premier, un toro tardo, il signa de bonnes véroniques et demie de réception, puis mena le bicho au cheval pour deux piques prises sans s’employer. A la muleta, le toro fut complètement parado (arrêté) et Robleño arracha quelques muletazos sans parvenier à lier. Il dut se résoudre à tuer et termina d’une trois quarts en place. Sifflets à l’arrastre (injustifiés, l’apprit-on plus tard, car le toro souffrait d’une cornada au niveau des poumons, d’où ses difficultés à combattre).
C’est donc face au quatrième que le madrilène refit son retard. Bonnes véroniques et deux demies en ouverture, bonnes mises en suerte au centre pour une longue pique, puis une seconde ration, les deux portées correctement. Doublant vers le centre, Robleño s’y fixa pour deux séries de derechazos (meilleure la seconde), puis pour deux bonnes séries de naturelles en courant la main, certaines caressant doucement le sable. Fernando alterna ensuite main droite et main gauche dans des séries lentes et templées, certaines rématées de belles trincherillas. Entière delantera un peu latérale, un descabello et oreille.
Javier Castaño est un des hommes en forme du moment. Très décidé, il commença par une belle série de véroniques terminée par demie et rebolera, mit son opposant à distance pour trois piques, la dernière citée par le jet de la montera et une belle prestation du picador qui sortit sous l’ovation. Détendu et confiant, le toreo entama par passes hautes, puis baissa la main pour trois derechazos liés au pecho, ce dernier donné en regardant les gradins. Castaño poursuivit par deux courtes séries alternant droite et gauche, puis par une troisième à tribord main basse rématée de deux pechos qui firent rugir les gradins. Circulaire complète de rodillas et pecho, deux statuaires et passe du mépris pour conclure, le tout complété d’un grand recibir laissant une lame tendida enfoncée aux trois quarts. Descabello. Deux oreilles pour le garçon qui convia son piquero au tour de piste et vuelta pour le toro.
Castaño tenta de doubler la mise face au quinto qu’il accueillit par bonnes véroniques et deux demies et mena au cheval pour deux piques en place. Entamée sur la corne droite, par trois bonnes séries de derechazos, la faena ne connut qu’un bref passage à babord pour trois naturelles aidées. Final sur le piton droit par quatre derechazos et trois pechos avant lame atravesada puis entière en place. Palmas. Un bémol à cette bonne actuacion : Castaño s’est remis à toréer à la voix et l’entendre «gueuler» en permanence est assez désagréable.
Alberto Aguilar semble avoir faim de triomphe. Hélas, l’épée gâche souvent les bonnes choses montrées précédemment. Dommage pour le garçon qui semble revenir après une période creuse. Face au troisième, Alberto entama par une larga cambiada afarolada de rodillas et poursuivit par bonnes véroniques, demie et larga. Le bicho poussa le cheval par intermittence en trois piques, partant pour chacune du centre du ruedo. A noter une bonne mise en suerte d’Aguilar par chicuelinas, demie et rebolera. Au dernier tiers, Alberto doubla son opposant puis prit directement la gauche, se faisant hélas désarmer sur la troisième naturelle. Il changea de bord et dessina alors d’estimables séries de derechazos avant de revenir sur la corne gauche pour lier deux bonnes séries de naturelles. L’épée fit malheureusement défaut en pinchazo, atravesada, deux pinchazos et entière traserita après le deuxième avis. Silmence pour le torero et arrastre applaudi.
Face au sixième, Alberto joua quasiment à l’identique. Bonne réception, deux piques, une entame côté droit main basse et un toro qui met bien la tête et charge mufle au ras du sol. Deux bonnes séries sur la corne gauche rématées par trincherillas, statuaires et passes du mépris et toujours l’acier qui fait défaut au final. Tiers de lame, avis, trois quart en place, deux descabellos et palmas pour le madrilène assez déçu. Otra vez sera ! Même remarque que pour Castaño. Silence !
Les Escolar reviendront sûrement à Céret en 2012. Tout le monde le souhaite !
Paco
Prix de l’ADAC (200 €) aux meilleurs picadors : José Doblado et Paco Maria.
Prix Bernard Bertagne attribué par le club taurin La Muleta d’Arles au meilleur picador : Paco Maria.
lundi 11 juillet 2011
