CÉRET. 10 JUILLET (MATIN).
DES NOVILLOS ET UN NOVILLERO
CÉRET. 10 JUILLET (MATIN).
DES NOVILLOS ET UN NOVILLERO
Les novillos de Moreno de Silva n’ont pas rencontré ce jour des adversaires à leur hauteur, à l’exception de Daniel Martin, l’invité de la dernière heure (remplaçant Cayetano Ortiz) qui fit mieux que de la figuration. L’ADAC eut du mal à trouver un novillero acceptant de se mettre devant ces bichos. Qui sont donc ces toreritos qui refusent des contrats ? Si à ce niveau on n’a pas envie de croquer des toros de toutes sortes, alors mieux vaut arrêter et faire autre chose. Bien sûr les novillos du jour n’avaient rien à voir avec les petites soeurs des pauvres et demandaient les papiers, mais ils étaient toréables pour qui avait le coeur de se mettre devant. On sortit donc de la course un peu déçu car les beaux cardeños du jour (tous autour de 550 kg) méritaient mieux que le traitement qui leur fut imposé.
Daniel Martin «El Dani» sut intéresser son premier par un capoteo adapté et faillit en rester là car trébuchant devant le novillo, il fut roulé au sol, heureusement sans mal (un peu sonné et meurtri sur le moment). Le jeune homme reprit ses marques assez vite et conduisit son opposant trois fois au cheval pour trois puyazos corrects. Bonne entame de faena (brindée à Carreño) par derechazos lents servis à mi-hauteur, puis deux autres séries sur la corne droite où le garçon se fit serrer un petit peu. Changement de bord et Daniel donna trois naturelles à un novillo dont les forces déclinantes occasionnèrent la chute. Le Moreno remis sur pied accepta deux autres séries de naturelles et quelques jolies trincherillas et montra qu’il était temps d’en finir. Entière caida. Salut au tiers.
Le quatrième me parut affecté d’un défaut de vision de l’oeil gauche car il sembla ne pas tenir compte des sollicitations du piquero sur ce côté (cette impression n’engage que moi car les appels au capote parurent mieux perçus. La question reste entière). El Dani sut le recevoir correctement et l’amener face au cheval par deux fois (la troisième fois il prit un refilon sur un déplacement) pour deux puyazos corrects. Muleta en main, le garçon sut imposer son rythme, principalement sur la corne gauche qui se révéla la meilleure. Final un peu longuet en trois tentatives avec tiers de lame sur l’ultime suivi d’un descabello après intervention du puntillero qui releva le novillo. Vuelta.
Sergio Blanco eut du mal à fixer son premier. Au cheval, le Moreno poussa bien lors de la première pique trasera, fut envoyé dans le cheval par un peon pour une seconde ration et termina par un picotazo, sortant seul les trois fois. Cette tendance à la mansedumbre se confirma en début de faena où le novillo manifesta une attirance marquée pour les planches. Le garçon n’eut d’autre choix que d’aller l’y combattre mais l’animal refusa la confrontation et fit visiter le ruedo au jeune colombien. Long à fixer pour la mort, il défuncta d’une habile entière. Silence.
Le quinto, après avoir plusieurs fois coupé le terrain au capote et désarmé le novillero, prit quatre petites rations de fer en cabécéant. Il manifesta le même défaut dans la muleta et ne permit qu’une paire de séries de derechazos avant de s’éteindre. Entière trasera sans effet, deux tiers de lame encore un peu en arrière, un descabello. Silence.
Adrian de Torres n’est manifestement pas habitué à ce genre de bétail. Pris de vitesse après les premiers capotazos, il se fit envoyer bouler sans savoir ce qui lui arrivait. Enorme poussée du novillo sur la première pique et comportement énorme du petit Congo de la cuadra d’Alain Bonijol qui aguanta la charge avec un équilibre hors du commun (il faut dire qu’une fois de plus les chevaux d’Alain firent merveille et ce tout au long des quatre spectacles). Les deux puyazos suivants furent charcutés par un piquero sûrement soucieux d’éviter des désagréments à son jeune patron. Sortie sous la bronca, une bronca qui se manifesta à nouveau envers le novillero lorsqu’il se présenta pour la faena. Beaucoup d’hésitations et de reculades au cours de la courte faena principalement construite sur la corne gauche. Le bicho vite éteint fut occis d’une belle entière en place complétée de quatre descabellos après le second avis. Silence.
Face au sixième, le jeune torero de Linares fut inexistant au capote. Le novillo obtint ensuite la chute du cheval en poussant avec furie lors de la première rencontre et cabecea en poussant sur les deux suivantes.La faena ambidextre connut quelques bonnes séquences sur la corne droite mais tourna court, le bicho se serrant sur le garçon et envoyant la corne. Golletazo et entière caida pour en terminer. Silence.
Paco
lundi 11 juillet 2011
