AccueilActualitésActualités 2017Pontonx (40). 26 février (tarde). Ismael Jimenez vainqueur de La Fragua.

Arènes couvertes de Pontonx. Entre un quart et une demi-arène d’aficionados, deux heures trente de spectacle.

Cinq erales de Miranda de Pericalvo, lourds dans l’ensemble, très mobiles et agressifs. Généralement d’une bonne noblesse piquante. Plus rien à voir avec les vaches sorties la veille et tout de même plus légères et plus commodes. Le troisième novillo récompensé d’une vuelta posthume.

Samedi à l’issue des éliminatoires rappelons que sur les douze novilleros retenus, le jury avait sélectionné les quatre suivants :

  • Jaime Casas (bleu marine funèbre et or), au premier, une entière, une oreille.
  • Juan-Pedro Llaguno (rose et or), au deuxième, quatre pinchazos, une atravesada, avis, silence.
  • Alvaro Passalacqua (beige et azabache), au troisième, une entière al encuentro, quatre descabellos, avis, une oreille et vuelta au toro.
  • Ismael Jimenez (bleu marine et or), au quatrième, une entière, deux descabellos, avis, vuelta réclamée par le public. Avec le cinquième, un pinchazo, une entière, une oreille.

 

Ismael Jimenez est le vainqueur de la quatrième Fragua organisée ce week-end à Pontonx par Juan Leal. Un vainqueur, malgré les deux descabellos qui durent compléter sa mise à mort et l’absence d’oreille, mais dont la tauromachie a été un petit bijou, surtout sur la main gauche. Il a aussi montré qu’il était un courageux et excellent banderillero, signant trois superbes paires de poder a poder. En fait, Ismael Jimenez est complet dans tous les tercios, peut-être plus mal à l’aise à la cape où il devait faire face à la faiblesse de son adversaire. A la muleta, tout est parfait, tiré au cordeau, chaque passe dessinée au millimètre, et quand il prend la main gauche, il nous fait rêver aux plus grands. Un véritable sortilège que ces moments. S’il y avait un reproche à lui faire, c’est d’avoir fait durer trop longtemps sa faena qui sur les dernières figures avait perdu beaucoup d’intérêt.

Une brève explication au public pour le déclarer vainqueur sans avoir coupé d’oreille, le cinquième novillo revenait à Ismael Jimenez. Une ou deux statuaires, une trinchera, le ton est donné pour une première série à droite. Il revient nous faire pleurer avec sa main gauche. Le novillo est plus compliqué que le précédent, aussi il ne fera guère durer et s’offre une très jolie oreille.

Jaime Casas, le madrilène, tente de séduire son public avec deux largas afaroladas en ouvrant son tercio de cape. Il y aura quelques véroniques très classiques et très pures. Il construira la faena avec une muleta toujours très basse et beaucoup de temple. Il possède également une belle main gauche. Par la pureté de ses gestes, il pouvait, lui aussi, séduire le jury.

Juan-Pedro Llaguno… a-t-il perdu toutes ses qualités au cours de la nuit ? C’est à croire tant le mexicain est apparu comme un pâle figure de celui que l’on avait découvert la veille. On le pronostiquait déjà comme le vainqueur de La Fragua. Certes l’adversaire n’était guère commode, jetant avec violence les pattes dans la cape. Il le banderillait avec précision sauf pour le violin qui finissait le tercio. Quelques beaux éclairs illuminèrent sa faena, surtout au début. Mais on était loin de la dimension artistique qu’on lui avait connue.

Alvaro Passalacqua, bien à la cape sans toutefois s’imposer totalement, son élégance naturelle séduit très vite le public. Le novillo se transforme rapidement en un honnête collaborateur et lui permet une tauromachie très lente avec beaucoup de profondeur. On retiendra quelques changements de main bien venus, illustrant parfaitement la distinction du garçon. Il n’est pas cette année au palmarès, il pourrait bien ressurgir dans le mundillo.

Ajoutons que le courage landais était au rendez-vous, Baptiste Bordes, ancien champion de France, a écarté au millimètre le premier et le sixième novillo qu’il serra au maximum. Un courage osé.

Reseña et photos : Jean-Michel Dussol.

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