AccueilActualitésActualités 2017Olivenza (4 mars tarde). Six oreilles et le triomphe de Ferrera et Juli.

Arènes combles, plus de billets, temps couvert et frais, sans plus. Quelques minutes de grand soleil en fin de course. Deux heures trente de spectacle.

Cinq toros de Garcigrande de 505 à 520 kilos, et un Domingo Hernandez, 540 kilos. Tous une pique, parfois très appuyée, notamment pour le deuxième et le quatrième. Les cinq Garcigrande extraordinairement nobles à la muleta, avec parfois une peu de faiblesse vite cachée par la technique des maestros.

  • Antonio Ferrera (rouge et or), au premier, un mete y saca, une entière, un avis, une oreille; au quatrième, une entière fulgurante, d’effet immédiat, une oreille.
  • El Juli (rouge et or) au deuxième, un pinchazo, une entière, une oreille; au quatrième, une entière, deux oreilles.
  • Alejandro Talavante (bleu ciel et or), au troisième, un pinchazo et une entière, une oreille; au dernier, trois pinchazos, trois quarts de lame, un descabello, silence.

 

Pour cette première corrida de feria, les choses furent parfaites, à commencer par le temps, mais surtout les toros, sans oublier les trois toreros, allant, chacun dans leur répertoire et leur style propre, jusqu’au bout de leurs capacités.

Antonio Ferrera se présentait pour une journée vérité, celle d’une reprise de l’épée après une interruption de presque une année. Examen réussi, tant on a retrouvé le meilleur de Ferrera, que ce soit aux banderilles ou dans sa hargne de s’imposer avec la muleta. Tout a commencé par une immense ovation qu’il a partagée avec ses deux compagnons de cartel. A la cape on ne se souvenait pas de cette facilité qui lui fait signer une série de véroniques terminée sur une demie éblouissante. A gauche, il sera chaque fois impérial, imposant sa volonté à l’adversaire. Les trincheras très élégantes font partie de ce jeu. Ferrera quasi-hypnotisé avec son premier toro, ne retrouvera pas ensuite ce souffle épique. Il sera d’autant plus en-dessous qu’il fait durer une faena avec un toro qui devient faible. Il la veut cette deuxième oreille pour reprendre sur un triomphe… et il l’aura. Son tercio de banderilles est la meilleure répartie à ceux qui la contesteraient. Avec les bâtonnets, tout est passé au millimètre, avec des poder a poder à couper le souffle et un quiebro palpitant. Ferrera a marqué sa présence dans les arènes d’Olivenza.

El Juli, lui aussi, sera allé au maximum dans son style et son art. Il brindera à Ferrera, passera très vite sur la main gauche et, avec ce premier adversaire, on admirera ses longs recorridos sur la droite dans de solides séries. Elles seront entrecoupées de petites trincheras, plus suggérées que dessinées mais permettant de lier les différents chapitres de sa course. Malheureusement ses morceaux de choix peuvent vite retomber dans une facilité sans intérêts. Il aborde quelque peu la tendance « pueblo et populaire », avec, face à son deuxième adversaire, une première série de muleta à genoux. Mais on pardonne, elle est fort bien faite et templée. Il sait ensuite se faire charmeur avec de belles naturelles et se prend à multiplier les figures à l’infini. Là aussi il a manqué d’un peu de sagesse mais le public enflammé s’est battu à son tour pour lui offrir deux oreilles.

Alejandro Talavante, dès qu’il a posé les pieds sur le sable, est allé à l’essentiel. Six véroniques, rien d’autre. Il distille son art, c’est court, mais très profond. Lui aussi optera, muleta en mains, pour quelques passes à genoux. Bousculé, il y mettra un terme, mais sur la main gauche il pourra profiter de ces milliers de voix qui portent chaque figure d’un olé discret ou d’un respiration plus forte qu’à l’ordinaire. Il ne manque pas une seule enluminure et Talavante est passé là bien près d’un deuxième trophée. Avec le dernier toro de la course, un Domingo Hernandez, véritable bison, compliqué dans son comportement, le torero préféra abréger.

Après une telle corrida signée en six oreilles, de quoi se plaindre ? Olivenza est resté fidèle à sa réputation de d’arène torerista du printemps.

Reseña et photos : Jean-Michel Dussol.

Diaporama : photos Ferdinand de Marchi.

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