AccueilActualitésActualités 2017Olivenza (4 mars matin). Le succès volé à Andy Younes.

Un peu plus de demi-arène, un grand moment de soleil et le reste sous les nuages, sans une goutte de pluie, deux heures vingt de spectacle.

Six novillos de Fernando Peña, lourds, tous un peu plus de 500 kilos, généreusement armés pour certains, tous une pique avec un châtiment relativement sévère, d’une noblesse parfaite.

  • Andy Younes (bleu attiré par le violet et or), au premier, un pinchazo et une énorme estocade, une oreille ; au quatrième, une entière, vuelta et bronca au président pour avoir refusé l’oreille.
  • Juanito (rose pâle et or), au deuxième, un pinchazo, une entière, avis, une oreille ; au cinquième, une entière, une oreille.
  • Antonio Medina (bleu marine et or) au troisième, une entière, deux descabellos, avis, une oreille ; au dernier, une entière, deux descabellos, avis, une oreille.

 

Il n’a pas partagé la sortie en triomphe de Juanito et Antonio Medina, pourtant Andy Younes avait toute sa place dans ce succès. On peut écrire sans le moindre regret qu’il a été volé d’une oreille avec son deuxième toro… Une bronca l’a rappelé au président dont il est difficile de comprendre ce refus à Andy alors qu’il vient d’accorder un trophée à Antonio Medina qui n’a pas fait mieux que le Français.

Andy Younes a surpris ce public d’aficionados, amoureux d’art et de sortilèges andalous… Il se présente avec une demi-douzaine de véroniques à couper le souffle puis, après un brindis au public, entame par quelques passes changées dans le dos et une longue série à droite avant de livrer la même sur l’autre main… A trop vouloir convaincre en tentant un recibir pour la mise à mort, il pinche avant de conclure.

Ce premier trophée il aimerait bien le doubler avec son deuxième adversaire. Il s’attaque au cœur du public par une première série donnée à genoux. L’animal, un peu faible, ne facilitera pas la volonté du novillero qui insistera cependant avec une belle série de naturelles. Une mise à mort au premier essai et pourtant ce refus.

Mais Andy Younes a frappé, et séduit ce public qui, chaque fois, a manifesté en l’honneur du novillero. Remarquons que les français présents à ses côtés, comme le picador Nicolas Bertoli ou Morenito de Nîmes aux banderilles, ont été appréciés à leur juste valeur, ce dernier invité à saluer par le public.

Juanito, depuis son passage à la Fragua de Juan Leal à Pontonx, domine parfaitement le tercio de cape qu’il enjolivera lors des quites avec un répertoire très fleuri. Il sera chaque fois très calme, analysant chaque passe qu’il sert. Il est particulièrement à l’aise sur la main gauche et invente quelques suertes barroques au passage. Lors de sa deuxième sortie, on retiendra tout particulièrement ses changements de mains entre deux séries et quelques pechos. Et toujours ces fulgurantes séries sur la main gauche. Juanito progresse. On ne tardera pas à le retrouver.

Antonio Medina, faisait sa première course avec chevaux. L’entrée en matière fut particulièrement bien réussie. Le garçon maîtrise parfaitement la cape et par deux fois fut excellent, même s’il manquait un peu de domination. Tout avait commencé par un brindis à ses professeurs de l’école taurine de Badajoz, les anciens toreros Luis Reina et El Cartujano.

Si sur ses premières séries à droite il est parfois superficiel, il se rattrape rapidement pour imposer un rythme plus lent et plus profond. Avec beaucoup de style, il réussit parfaitement sur la main gauche. Surtout avec son second toro, il aura tendance à faire trop durer mais le public l’a pardonné, exigeant qu’il reparte avec un trophée.

Une novillada dont on retiendra aussi la qualité du bétail proposé, d’un grande noblesse mais avec du piquant et parfait pour ce gendre de spectacle.

Reseña et photos : Jean-Michel Dussol.

Diaporama : Ferdinand de Marchi.

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