AccueilLes acteurs du mundilloMehdi Savalli.

C’est lors d’un tentadero chez Hubert Yonnet que j’ai rencontré Mehdi Savalli. L’occasion de faire le point avec lui sur la saison qui débute.

Torobravo : tout d’abord Mehdi, comment vas-tu ?

MS : très bien. J’arrive d’Espagne où je me suis entrainé de salon avec Manuel Molina (ancien péon de Sébastien Castella). Je devais aussi tienter, mais le mauvais temps m’en a empêché. La seule tienta que j’ai pu faire, c’était chez Miura.

TB : comment était-ce ?

MS : très dur. Chez Miura, ils tientent les vaches à trois ans. Elles étaient très fortes. C’était impressionnant. Le cheval a l’encolure recouverte par le peto parce que les vaches lui sautent au cou.

TB : c’est donc aujourd’hui ton second tentadero ?

MS : oui. Alors même si je suis en forme, il faut que je retrouve les gestes face au bétail. Je vais rester en France pour me préparer et tienter dans le secteur.

TB : quels sont les projets pour 2011 ? As-tu déjà des contrats ?

MS : je vais commencer ma temporada à Arles, puis ce sera Palavas et sans doute après trois ou quatre corridas au Mexique.

TB : des projets pour de grandes arènes ?

MS : oui, la Mexico et aussi Madrid si tout va bien pour la San Isidro. C’est en bonne voie.

TB : combien de contrats penses-tu honorer en 2011 ?

MS : une quinzaine cette année et peut-être passer la barre des vingt en 2012. J’aimerais aussi toréer en Espagne. Avec Robert (Pilès), on se fixe aussi cet objectif. Quand j’étais novillero, j’ai toréé un peu partout, j’ai remporté beaucoup de prix, et puis après on m’a oublié. Il faut maintenant que les gens se rappellent de moi, et le plus sûr moyen, c’est d’être bon, de triompher.

TB : on va un peu revenir en arrière. Depuis ton alternative en septembre 2006, tu as peu toréé : 13 corridas en 2007, 4 en 2008, 11 en 2009 et 11 en 2010.  En août 2009, tu vas en Espagne et tu coupes quatre oreilles et une queue. En 2010, logiquement tu aurais dû y revenir … Que s’est-il passé ?

MS : il s’est passé que mon apoderado (Denis Loré) n’a pas fait son boulot. Denis est une bonne personne mais ce n’est pas un bon apoderado.

TB : explique-toi …

MS : Denis a essayé de changer ma façon de toréer. Il voulait que je sois comme lui pensait que je devais être. Mais quand je toréais, je ne me reconnaissais pas. Celui qui toréait, ce n’était pas Mehdi. Moi je veux toréer avec ma personnalité.

TB : est-ce que c’est à cause de cela que Denis et toi vous vous êtes séparés ?

MS : il y a un peu de ça, mais il y a eu aussi un désintérêt de sa part en cours de saison. Moi je ne valais rien et Alberto Aguilar était mieux. (pour mémoire, Alberto Aguilar a quitté Stéphane Fernandez Meca en cours de saison dernière pour passer dans les mains de Simon Casas et Denis Loré). ET puis il y a eu un important différent financier entre nous. Mais ça, ça se règlera sûrement par voie de justice.

TB : depuis ton alternative, quels ont été tes apoderados ?

MS : en 2007, Jalabert et Lartigue. En 2008, personne. Robert Margé m’a quand même donné un coup de main. En 2009, Denis Loré et cette année Robert Pilès.

TB : quatre corridas en 2008. Comment peut-on vivre avec si peu de contrats ?

MS : je me suis débrouillé. Et puis en 2008, je vivais chez mes parents.

TB : parle-moi un peu de tes rapports avec ton nouvel apoderado.

MS : Robert est un vrai apoderado. Quand je me suis retrouvé seul avant l’hiver, j’ai pensé à lui, et il se trouve que lui aussi pensait à moi. On s’est rencontré et ça s’est fait tout seul. Robert est quelqu’un qui sait être présent, qui m’accompagne, qui est proche de moi. Il veut que je m’applique à bien toréer, que je torée bien sur quelques séries sérieuses pour montrer aux gens ce que je sais faire. Ensuite, je peux faire ce que je veux, mais d’abord du sérieux.

TB : pour terminer, dis moi selon toi quelles sont les qualités et les défauts chez Mehdi ?

MS : ma principale qualité, c’est une certaine facilité avec le capote. Là je suis à l’aise. Mon défaut, c’est de céder à la facilité. Quand je n’y arrive pas, je torée comme pour les touristes. C’est un défaut qu’avec l’aide de Robert je suis en train de corriger.

TB : ta cuadrilla pour la saison ?

MS : Morenito d’Arles, Manuel Molina et Paquito Leal pour les banderilleros, Jacques Monnier et Chamaco pour les picadors et David Urbano (qui a travaillé avec la famille Manzanarès) comme valet d’épée.

TB : Merci, et suerte Maestro …

Propos recueillis par Paco le 11 mars 2011 à La Bélugue.

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