AccueilActualitésActualités 2017Jerez de la Frontera. 18 mai. Cayetano, deux oreilles, a fait pleurer Ordoñez.

Des Zalduendo pas faciles, à part le premier, et soudain un éclair. Cayetano vient de trouve la bonne distance et une certaine communion avec l’au-delà des toreros. Il est grand, majestueux et nous fait rêver… en haut, très loin, à ne pas s’y tromper cette goutte qui vient de tomber, c’est une larme d’Antonio Ordoñez qui regarde son petit-fils au sommet de son art.

Un petit tiers d’arène, un immense ciel bleu, du soleil, une température agréable, deux heures trente de spectacle.

Six toros de Zalduendo, lot inégal, de 675 à 465 kilos, tous une pique, le quatrième renverse la cavalerie, le premier applaudi à l’arrastre après une demande (non justifiée) d’indulto. A part le premier, pas très faciles à la muleta mais dominés, les bichos pouvaient faire une faena intéressante.

  • El Fandi (bleu marine funèbre et or), au premier, deux pinchazos, une entière, avis, salut et ovation ; au quatrième, un pinchazo, une entière, une oreille.
  • Cayetano (bleu et or), au deuxième, un pinchazo, une entière, applaudissements ; au cinquième, une entière, deux oreilles.
  • Alberto Lopez Simon ( tabac et or), au troisième, trois pinchazos, trois-quarts de lame, silence ; au dernier, un pinchazo, trois-quarts de lame, quatre descabellos, avis, rares applaudissements.

 

Cayetano avait fort à faire après les succès aux banderilles d’El Fandi. Mais une de ses grandes qualités est son calme et même s’il nous avait mieux habitués à la cape, son toro ne permettait guère de fioritures, pourtant il lui servait quelques trincheras de haute volées et un changement de main de grande préciosité. Il ouvrait ainsi une série à gauche parfaite. Mais le toro ne suivait pas et il fallut abréger.

Par contre, pour le second acte, même si l’adversaire n’avait pas toutes les qualités requises pour un triomphe, Cayetano avançait la jambe et se posait en dominateur. Après un brindis au public, ce fut une énorme série de muletazos… Puis une moins longue à gauche, entrecoupée de trincheras… Cayetano imposait alors un rythme suave, une douceur et un temple rarement atteint en tauromachie. Un moment de rêve, de sorcellerie, de la grande ouvrage. Asi es toréar, comme seuls les Andalous savent le faire… Deux oreilles au bout d’une épée qui plongeait sans faille au plus profond.

El Fandi était venu pour enflammer les arènes… Il y parvint parfaitement avec ses banderilles qui demeurent un moment de magie et de puissance. Ce n’est pas de la tauromachie mais le public adore ! Toutefois, il montra quelques facettes séduisantes de son art avec beaucoup de lenteur sur la main gauche… Mais chassez le naturel, il revient au… et il ne put s’empêcher de se commettre dans quelques desplantes de village. Toutefois, pour son dernier toro, on retiendra quelques quites somptueux et une très belle série sur la main gauche. Son mérite fut aussi de conserver un toro qui avait tendance à fuir. En fait dans cet ensemble quelques moment agréables.

Alberto Lopez Simon, ne fut pas à la hauteur de ce cartel, que ce soit par le côté populaire ou artistique. Il fut un peu débordé par son premier adversaire qui avait manifesté une grand caste en poursuivant les banderilleros jusqu’aux planches. Mais la constitution de l’animal l’obligea à en finir rapidement. En terminant, il offrait ses meilleurs muletazos, beaucoup de temple, une lenteur agréable, mais il ne sut pas finir au bon moment. Et à trop durer, les choses se gâtèrent… une mise à mort difficile et un passage à Jerez sans marquer les esprits.

Reseña et photos : Jean-Michel Dussol

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