AccueilActualitésActualités 2017Arnedo. 18 mars. Varea coupe une oreille à un Victorino de cinq ans.

 

Arnedo (La Rioja). Samedi après-midi, trois-quarts d’arènes, soleil et grand ciel bleu dans la coupole de couverture grande ouverte. Durée du spectacle, Deux heures vingt.

Six toros de Victorino Martin, remarquablement présentés, totalement dans le type de l’élevage, véritables petits-gris pour la majorité. Tous deux piques, parfaitement toréables à la muleta, à l’exception du quatrième et du cinquième particulièrement compliqués et même dangereux. Les premier, cinquième et sixième, âgés de cinq ans.

  • Curro Diaz (bleu marine et or), au premier, un quart de lame et quatre descabellos, silence ; au quatrième, un entière, silence.
  • Paco Ureña (blanc et or), au deuxième, avis, pinchazo al recibir, deux pinchazos, une demi-lame, avis et deux descabellos, salut ; au cinquième, deux pinchazos, une demi-lame, silence.
  • Varea (saumon et azabache), au troisième, un pinchazo, une entière, silence ; au dernier, une entière, une oreille.

 

Cette « présentation » des Victorino Martín à Arnedo aura globalement satisfait l’afición de la Rioja qui était venue en nombre dans la capitale de la chaussure. Quatre toros parfaits sur les six qui sont sortis. Certes le quatrième, et le cinquième âgé de cinq ans, ont particulièrement déçu, intoréables arrivés à la muleta. Pourtant, on va le voir, ce n’était pas une question d’âge, mais sûrement d’origine.

Curro Diaz ouvrait la course avec un animal de cinq ans qui, après deux ou trois véroniques, ne tardait pas à le suivre dans une agréable série sur la main droite. Il la prolongeait pendant quelques instants… mais cette séquence très agréable manquait totalement de profondeur. Manifestement Curro Diaz ne forçait guère son talent face à un animal qui, malgré son âge, ne posait que peu de problèmes. Par contre, le quatre ans qu’il accueillait ensuite était issu des malacasta de la maison, s’arrêtant dans ses charges, donnant quelques coups de tête. Aussi Curro Diaz ne fit guère durer et ne laissera que peu de souvenirs à Arnedo.

Paco Ureña étonna et enchanta l’arène par son toreo de cape, fin et ample, toujours très coulé et harmonieux dans les véroniques. Puis rapidement il ouvrit une série à droite, très templée, alors qu’éclatait la musique et qu’il concluait cette première attaque sur un phénoménal pecho. Ureña fit ensuite apprécier son élégance sur la main gauche… profitant de l’immense noblesse de son adversaire. Un Paco Ureña au moins aussi artiste que son chef de lidia.

Il rencontrait ensuite un cinq ans d’âge avec le cinquième et là, les choses changèrent de répertoire. Tout d’abord, il fut débordé à la cape. Puis il lui fut difficile de trouver la bonne distance et échoua. Pour offrir quelques naturelles, il fut obligé de les arracher une à une. En fait son adversaire refusait de jouer. Toro difficilement toréable dont il se sépara rapidement.

Varea, que beaucoup de riojanos découvraient, aura su se faire admirer. Une grand série de véroniques pour en commencer avec son premier adversaire… puis vint la muleta où il fut parfait à droite, mais sans pour autant convaincre. Il n’y avait que peu de conviction qui émanait de ses figures. Une trinchera tout de même, histoire d’enluminer l’ensemble.

On le retrouvait excellent à la cape pour en terminer avec la course. Sur la main droite, il découvrit qu’il était face à une bon collaborateur. Mais pour passer sur l’autre main, il fut contraint d’inventer sa série, avec un cinqueño se laissant faire comme un enfant. Cette série à gauche, née de la volonté et du courage, demeurera un grand moment de la course. Enlever une oreille, la seule de l’après-midi, est un petit exploit qui peut faire décoller la carrière du torero. Victorino Martin Garcia pouvait être satisfait de la course qu’il a présentée à Arnedo. Le type de la maison était là et le comportement aussi avec l’alimaña, la bête nuisible, sortie en cinquième position.

Reseña et photos : Jean-Michel Dussol.

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