AccueilActualitésActualités 2017Arles. 15 avril. Une première course en demi-teinte.

Un début de feria en demi-teinte avec une corrida qui a soufflé le chaud et le froid, le chaud par la qualité de deux faenas, le froid par le peu de présence de la majorité des toros et par une erreur d’appréciation du palco au moment de l’attribution des trophées.

Les toros de Hermanos Garcia Jimenez et Olga Jimenez (5°) auraient pu servir mais ils n’eurent pas les moyens de leurs ambitions. Peu (ou pas) piqués, ils affichèrent tous une certaine faiblesse qui enleva tout l’intérêt de cette course. Seuls les troisième et quatrième se sauvèrent de la médiocrité ganadera ambiante.

Juan Bautista, avec la double casquette de directeur et de torero, a réussi la pari de remplir ses arènes et d’y triompher, un triomphe relatif que nous détaillerons plus bas. Le premier toro de cette tarde était bien trop faible pour que le torero arlésien puisse donner du relief à son travail. A peine puni par deux picotazos, il chuta à plusieurs reprises et seule la muleta de Jean-Baptiste, tenue à mi-hauteur, lui évita un chemin de croix. Accueilli par delantales, véroniques et demie, « Esplendido » fut ensuite convié à une faena toute de douceur et de temple, faena ambidextre à laquelle il tenta de collaborer dans la mesure de ses petits moyens. On en retiendra quelques beaux enchainements et trois naturelles de face d’école avant une lame contraire efficace au second recibir. Palmitas.

Face au quatrième, Juan Bautista afficha la plénitude de son toreo actuel. Après quelques bonnes véroniques et demie, le bicho fuit par deux fois le lancier au contact de la morsure du fer. Ce mansote porta ensuite beaucoup d’intérêt à la muleta de Jean-Baptiste dès les premiers muletazos de rodillas. Chargeant avec pas mal d’alegria, il permit une entame droitière par plusieurs tandas de haut niveau, puis sur l’air de « Caridad del Guadalquivir », il chargea sur la corne opposée avec tout autant de détermination pour deux belles séries de naturelles. Le torero arlésien alterna ensuite les deux bords avec d’esthétiques changements de mains, agrémentant l’ensemble de circulaires, molinetes, luquecinas et autres desprecios de bon goût. Entière caidita a recibir après pinchazo. Bonne résistance du bicho qui laissera ses deux oreilles dans les mains de Juan Bautista, une récompense jugée excessive par le public qui hua le palco. Soit on donnait deux oreilles précédemment à Roca Rey et cela légitimait les deux de Jean-Baptiste, soit on ne lui en donnait qu’une. Dommage que cette double récompense, qui passa pour du favoritisme, faussa un peu la course.

José Maria Manzanares n’était apparemment pas venu à Arles pour mouiller le costume ou pour le tacher. Certes il ne fut pas le mieux servi au sorteo, mais cela ne justifie pas le peu d’engagement du torero d’Alicante dont le passage ce jour par l’amphithéâtre arlésien ne laissera pas un grand souvenir. Il était attendu le lendemain à Sécille, ceci pouvant expliquer cela. Son premier toro fuit le picador après une correcte réception par véroniques, demie et revolera, puis y revint pour une courte ration de fer trasera. Ce toro un peu bronco fut embarqué ensuite dans une faena sans transmission où le torero, malgré des gestes élégants comme toujours, toréa profilé et à distance respectueuse, à droite comme à gauche. Silence après une lame caida.

Face au quinto, l’ensemble fut du même tonneau, presque un copié-collé de sa première intervention. Point n’est besoin de détailler. José-Mari liquida les affaires courantes et termina sa transparente prestation d’une nouvelle entière caida en deux assauts. Silence contrit.

Avec Andrés Roca Rey, on est dans une autre dimension. Voilà un torero qui paie comptant et qui ne triche pas, foulant des terrains où il se veut le patron jusqu’à frôler l’accrochage (ce qui lui arrive souvent). Le troisième toro ne se fixait pas, il l’intéressa petit à petit jusqu’à lui arracher quelques véroniques, chicuelinas et demie. Ce « Catavino » fut ensuite le seul à pousser sur la première pique. La seconde rencontre fut symbolique. Le quite médiocre qui suivit n’est pas à détailler. Par contre la faena du jeune péruvien mérite qu’on d’y attarde car elle réveilla un public qui commençait à douter du bien fondé de sa venue. Deux passes cambiadas serrées et une arrucina qui le fut tout autant en guise de hors-d’oeuvre, puis des séries ambidextres servies avec temple, en courant bien la main et sans céder un pouce de terrain. Un trasteo très plaisant avant que le bicho ne réduise ses charges et n’oblige le garçon à user de fermeté pour arriver à la conclusion. Final par manoletinas, bonne entière portée al encuentro. Oreille.

Le sixième toro avait une charge désordonnée et des cornes accrocheuses. Après une pique d’intensité moyenne, suivie d’un picotazo, ce toro bronco permit peu au péruvien qui lui imposa quelques bons muletazos isolés sans solution de continuité. Appliqué et volontaire, Roca Rey assura, sans option de triomphe. Bonne estocade pour en finir. Silence.

Faisant preuve de dignité, Juan Bautista refusa la sortie a hombros.

Reseña et photos : Paco.


< p>Résumé corrida samedi 15 avril from www.juan-bautista.com on Vimeo.

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