AccueilActualitésActualités 2016Aignan. 27 mars (tarde). Cesar Valencia triomphe avec courage et valeur.

Capture d’écran 2016-03-28 à 09.49.40Aignan (Gers). Arènes quasi-combles, nuages et soleil, trois heures dix de spectacle.

Cinq toros d’Albaserrada, remarquablement présentés, à l’exception du premier aux cornes éclatées, et un Camino de Santiago en deuxième position. Les six toros, tous deux piques, à l’exception du quatrième et du dernier, trois châtiments. Le dernier récompensé d’une vuelta pour son excellent comportement à la pique. A la muleta souvent difficiles, le dernier un peu plus abordable.

  • Francisco Javier Sanchez Vara (rose et or), au premier, une entière, un descabello, quelques applaudissements ; au quatrième, deux pinchazo une entière, silence.
  • Alberto Lamelas (blanc et argent), au deuxième, une demi-lame, avis une oreille ; au cinquième, avis, une entière, deux descabellos, vuelta.
  • César Valencia (nazareño et or), au troisième, une entière, une oreille ; au dernier, un pinchazo, trois quarts de lame, une oreille, vuelta au toro, sortie en triomphe.

C’est de ces corridas à l’ancienne, un peu pesante où le danger rode derrière chaque muletazo, des moments où les toreros doivent parfois regretter d’avoir choisi ce métier. Les Albaserrada, cinq toros, l’un s’étant brisé une corne au moment du débarquement, ont livré cette impressionnante corrida dans les arènes d’Aignan. Personne n’oubliera ces têtes et ces armures impressionnantes. Oui Fabrice Torrito a retrouvé la légende des Albaserrada du Marquis.

Capture d’écran 2016-03-28 à 09.48.45Mais dans cette tâche, hier, il était aidé par un drôle de petit bonhomme échappé de son Vénézuela natal. Cesar Valencia a une nouvelle fois démontré son immense courage et sa volonté d’être torero. Dimanche, il l’a été jusqu’aux derniers fils de sa muleta. Aussi, est-ce souriant, des larmes de bonheur coulant sur son visage que César Valencia a quitté en triomphe les arènes d’Aignan. Ce fut une seconde oreille chèrement gagnée face à Esclavo, le dernier toro de la course. Un Albaserrada plus haut que les autres, une tête et des cornes d’enfer, un charge violente, brutale même… Un animal qui s’était valeureusement opposé au cheval où il est revenu à trois reprises. Un beau phénomène de toro qui a fait passer le frisson dans l’arène et qui a permis à Cesar Valencia de nous faire rêver, par son courage. Il avait retrouvé les vieilles recettes de la tauromachie en faisant charger son adversaire de très loin, une façon de le mettre en valeur et d’afficher toute sa puissance au grand jour. Le petit Vénézuelien s’est même permis de lui voler une dizaine de naturelles longues et interminables. Mais il payait durement cette confiance qui le gagnait, il fut violemment renversé et jeté au sol. Indemne par miracle il reprit son étrange ballet de la vie et de la mort. Il méritait amplement cette seconde oreille qui lui permettait de sortir en triomphe. Cesar Valencia a confirmé qu’il est un grand torero de courage, même si sa technique demande encore à s’affirmet après seulement une dizaine de courses depuis son alternative, l’an dernier.

Capture d’écran 2016-03-28 à 09.49.06Alberto Lamelas, on l’aura aussi beaucoup apprécié. Une technique parfaite qui lui a permis de « s’inventer » ses deux toros. Il a pratiquement créé son premier adversaire, un Camino de Santiago, tardo et bronco dans ses attaques et qui parfois fuyait, il en a fait un grand toro. Avec l’Albaserrada, Diurno, applaudi à son entrée en piste, il recommençait une histoire semblable, en volant véritablement une faena et en imposant sa loi. Mais lui aussi avait cette volonté de mettre l’animal en avant, de le faire charger à mi-distance et ces moments comme avec Valencia soulevèrent l’enthousiasme du public.

Capture d’écran 2016-03-28 à 09.49.23Francisco Javier Sanchez Vara, le chef de lidia, fut parfait sans son rôle, toujours présent aux côtés de ses camarades de cartel. Un Sanchez Vara certes un peu froid, méthodique mais efficace qui a souvent surpris par sa connaissance

En fait cette course d’Aignan avait des goûts d’ancien, de ces toros impossibles et durs que l’on a perdu l’habitude de voir. Une course difficile mais passionnante… Les Albaserrada on retrouvé leur légende d’antan… Une renaissance pour cette corrida de résurreccion.

Reportage : Jean-Michel Dussol.

Reportage photo : Romain Tastet.

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