AccueilActualitésActualités 2017Aignan. 16 avril (tarde). Triomphe de Manuel Escribano.

Arènes combles, nuages et soleil, température fraîche, deux heures trente de spectacle. Trois toros des frères Gallon et trois autres du Camino de Santiago. Tous deux piques, quelques unes très légères. Le quatrième, un Camino, récompensé d’une vuelta posthume. Tous toréables et sans grands problèmes à la muleta.

  • Manuel Escribano (bleu marine et or), au premier, une entière, silence; au quatrième, un Camino, une entière, deux oreilles.
  • Iván Fandiño (bleu marine et or), au deuxième, une entière, une oreille; au cinquième, deux pinchazos, trois quarts de lame, silence.
  • Emilio de Justo (blanc et or), au troisième, quatre princhazos et une entière, silence; au dernier, une entière, une oreille.

 

Un immense sourire à déchirer les nuages qui tentaient d’étouffer un ciel bleu et frais… Manuel Escribano a réalisé son rêve de triompher une nouvelle fois à Aignan. Deux oreilles coupées à un excellent toro du Camino de Santiago, de ces toros dont rêvent les toreros. Des toros qui sans un coup de tête suivent la muleta et finissent comme des grands, honorés d’’une vuelta. C’est autant la réussite du torero que de l’éleveur. Tous deux peuvent se congratuler, ils ont fait vivre axu aficionados gersois un beau moment.

Manuel Escribano, revenons au plat de résistance… Il avait ouvert les hostilités avec un excellent tercio de cape avec quatre véroniques de rêve qu’il avait emmenées de Séville, de ces véroniques dont on rêve au pied de la Giralda. Aux banderilles, pas grand-chose à lui reprocher, comme lorsqu’il affrontera son second toro, un adversaire qui manquait un peu de caste et de profondeur pour mettre son art en relief. Il allait se rattraper par la suite, et de quelle façon, avec un temple parfait, passant de nombreuses minutes sans se faire accrocher la muleta. Manuel Escribano incarnait le calme et la sérénité face à un sérieux client. D’agréables moments de tauromachie. Vuelta au toro, deux oreilles, la légende peut se poursuivre en Armagnac.

Iván Fandiño, petit « chouchou » du pays Basque, fut un peu froid, pas très communicatif mais dans sa sobriété, on a découvert un torero marqué du sceau de l’Empire. Parfait sur la main droite, séduisant à gauche, et virevoltant dans ses changements de mains. Le grand art et la classe. Sa faena, un peu plus de vingt passes, mais guère plus, fut un modèle du genre. Pas de quoi faire vibrer les gradins. Nous sommes dans le nord, chaque geste a sa signification et hier, à Aignan, Ivan Fandiño s’était lancé dans l’écriture du traité d’excellence de la tauromachie. Une oreille qui pèse énormément. Par la suite le Basque économisa ses facultés et se fit plus avare de gestes de rêve au point qu’il sembla tomber dans une certaine monotonie. Mais on avait vu le meilleur et on ne lui jettera aucune pierre.

Emilio de Justo, dont on ne cesse de dire du bien, est certes, par certains côtés, séduisant. Mais pour convaincre, il nous paraît manquer d’imagination. Ses deux faenas furent plutôt ternes. Heureusement son splendide coup d’épée final « rémata », donna un point d’orgue à cette corrida du vingt-cinquième anniversaire, où les toros de Michel et Jean-Pierre Gallon tinrent parfaitement leur rôle et ceux du Camino (deux sur trois) relevèrent le spectacle.

Il faisait beau. Que les Pâques Taurines d’Aignan poursuivent ainsi !

et photos : Jean-Michel Dussol.

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